Rio Grande

4 novembre 2011

Rio Grande semble être une petite ville assez calme et verdoyante. Le port est tout petit, nous n’y resterons que quelques heures, le temps de décharger la trentaine de tanks destinée à l’armée brésilienne, ainsi que quelques containers. Nous n’avons pas l’autorisation d’aller à terre, nous restons donc à observer ce défilé militaire, aux premières loges. Et ça ne nous déplait pas :)

la sortie du port

tracteurs en attente sur le quai

les militaires attendent leurs tanks

Une caisse qui doit être déchargée à chaque port ...

on discute de la stratégie de déploiement

sortie d'un tank (en marche arrière)

officiers italiens

le plus blagueur de l'équipage :)

deux membres de l'équipage très sympas

Nous apprenons dans l’aprés midi qu’il y a un changement de programme : nous n’allons plus à Zaraté ! Du coup, demain soir nous serons à Buenos Aires ! Un mélange de joie et de nostalgie nous envahi. Bien sûr, nous sommes content de pouvoir enfin commencer à rouler, mais nous avions pris nos repères sur ce bateau, nous apprécions les gens à bord, nous avions un train-train quotidien qui n’était pas désagréable :) Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Un voyage se termine, un nouveau commence :)

Nous apprenons aussi que le cargo coûte à Grimaldi, 30000€ par jour en frais de fonctionnement (tout compris). Ca fait pas mal quand on voit le nombre de jours passés à l’ancre …


Santos

4 novembre 2011

Bonne nouvelle, après 3 jours à l’ancre, on a enfin bougé cette nuit et nous sommes arrivés au port à 4h ce matin. Ca veut dire qu’on aura le temps de visiter ! Du coup, réveil à 6h, petit déj à 7h puis nous quittons rapidement le cargo.

A la sortie du terminal, un garde portuaire prend nos noms et nous prévient d’être prudent parce que c’est dangereux (avec un visage grave …). Ce n’est pas trop rassurant, surtout après les histoires qu’Adrian m’a raconté ;) Puis il appelle quelqu’un et me passe le téléphone. Je discute avec Mmme Vigneron, qui vit à Sao Paulo et qui parle très bien français. Elle m’explique les trucs à voir, et me dit que comme c’est dimanche, le centre n’est pas sûr et qu’il vaut mieux aller aux plages, et de ne pas aller dans des endroits déserts … Décidemment, ça ne me rassure pas du tout, tout ça !

Je m’interroge quand même un peu sur l’intérêt de risquer de se faire agresser, sachant que nous n’aimons en général pas les grandes villes et qu’on sera sans doute peu enthousiasmés par Santos, même si la balade nous fera le plus grand bien. Angélique me raisonne en me disant qu’ils exagèrent probablement et sont un peu paranos, qu’il faut sans doute juste éviter certains endroits, dont les abord du port. Mouais … De toute façon, on a pas grand chose avec nous, allons y et on verra bien.

Le garde appelle un taxi, qui vient rapidement nous chercher et nous dépose à Praça Mauá, en plein centre. La place est déserte et les rues alentours ont l’air d’être du même genre. Lorsque nous arrivons, seules 3 personnes font des photos. Ah ben s’il faut éviter les coins déserts, on est en plein dedans ! Je ne me sens pas si à l’aise que ça, mais je n’y pense pas trop, Angélique trouve de son côté que les gens ont l’air calme et sereins, les brésiliens n’hésitant pas à sortir un gros appareil photos, des enfants et des personnes agées passent ou attendent bus. Vu que le bonde turistico (un vieux tramway qui fait un tour commenté dans la ville) n’arrive pas, on décide d’aller voir un les plages, on reviendra ici plus tard.

On prend le bus et 10 minutes plus tard, nous arrivons aux plages. Déjà, durant le trajet, je me sens beaucoup mieux. Les rues sont plus animés, moins ternes, ça sent le poulet roti, on voit des enfants, des vélos. Et une fois aux plages, je me sens complètement rassuré. Effectivement, certaines personnes ont l’art d’exagérer et de faire peur. Bien sur, c’est important de prévenir d’éventuels risques, mais c’est dommage d’inciter les gens à ne pas aller visiter sa propre ville …

Bref, la balade sur la plage est un vrai régal. On marche sur le sable fin, on met les pieds dans l’eau, on regarde les locaux jouer à un espèce de tennis avec des tambourins, au volley, au foot, etc … On a l’impression que tous les locaux se sont réunis à la plage ! Faut dire que le temps est superbe et que ces plages sont très agréable ! Nous nous baladons un moment, mangeons un épis de maïs sur le sable, nous rebaladons. On prend quelques infos au point touristique puis nous allons manger un bout.

On commande 2 hamburgers avec fromage et frites, et 2 jus de mangue. Par chance, elle a compris qu’on ne voulait qu’un seul hamburger, qui s’avère énorme ! En fait, il ne s’agit plus d’un hamburger, mais de pain, recouvert de viande, maïs, crudités, oignons frits et accompagné de frites :D C’est très bon, et pour 2 c’est parfait !

On part ensuite faire un tour au cybercafé et on revient boire une noix de coco glacée, très prisées ici. Ce matin, nous avons vu pas mal de joggeurs s’arrêter en boire une après leur balade dominicale.

On décide ensuite de retourner à Praça Mauá pour prendre le vieux tramway et se balader. Ca tombe bien, il pleut à verse. On retrouve Gisèle et Bernard dans le tramway. La balade dure 40 minutes. Pas exceptionnelle vu qu’on ne comprend pas le portugais, mais elle nous permet de repérer quelques batiments sympas (que nous n’aurons malheureusement pas le temps d’aller voir de plus prés), dont la bolsa de cafe. A la sortie du tramway, on discute avec une famille dont la mère nous avait parlé en français plus tôt. Ce sont des belges d’Anvers ! Le fils vit à Sao Paulo, les parents sont en visite. La mère nous dit que la bolsa de cafe vaut le coup, alors allons y !

Le batiment est très joli, très travaillé. On y retrouve Heinrich et Renate, puis Thorsten, puis Bernard et Gisèle. On ne va pas visiter le musée mais on mange deux bonnes glaces au café et au chocolat. Miam,  ça fait des jours qu’on n’avait plus de desserts sur le bateau, on attendant le ravitaillement !

On rentre ensuite au bateau avec Thorsten. Le taximan est rigolo, il parle beaucoup, en portugais, on ne comprend rien mais c’est pas grave :D Il roule un peu comme un fou, mais ça à l’air d’être le mode de conduite de pas mal de taxi ici.

Nous sommes de retour à notre quotidien sur le cargo, après une journée que nous avons beaucoup apprécié. Ca nous a changé des visites de ville, ce contact avec ces plages paisibles nous a fait le plus grand bien.

En soirée, on regarde la sortie du bras de mer qui forme cet immense port de Santos.


Rio de Janeiro

4 novembre 2011

Normalement, nous devions rester le dimanche à l’ancre et entrer au port le lundi matin, mais nous ne sommes finalement entrés que le mercredi matin. Ces 3 jours à l’ancre nous ont paru un peu long. Les activités habituelles nous ont occupés (lecture, ping pong) mais plus souvent dedans que dehors. Le vent était froid et difficile de trouver un coin ombragé et abrité du vent.

Nous avons pu observer les environs, deviner Copacabana et Ipanema, deviner dans la forme des montagnes un indien couché, les cargo de conteneurs rentrer au port avant nous (le quai des voitures était plein et devait être vidé pour qu’on puisse décharger des véhicules, ce qui explique notre attente à l’ancre).

Nous avons aussi observé les cormorans volant groupés et tentant de débusquer des poissons. Malheureusement, nous ne les avons vu attraper aucun poisson :)

L’entrée dans la baie était intéressante à observer. Nous y avons vu un petit aéroport d’où décolle pas mal d’avion à la queue leu leu, nous avons un peu mieux distingué le Corcovado et le pain de sucre, nous y avons vu pas mal de bateaux de pêche. L’accès au port est semé d’embuche, le capitaine doit être bien vigilant. D’ailleurs, à deux reprises, il a fait sonner le klaxon pour faire bouger 2 bateaux de pécheurs. La première fois, on a bien sursauté, le klaxon est surpuissant !!

L’autorisation de sortie nous a été donnée bien plus vite qu’à Vitoria mais la sortie du port n’est pas si rapide que ça (nous devons attendre certains passagers, porter le casque de protection, etc …). Bref, on sort du terminal multi-rio vers 10h30, on monte dans un bus pour la porte de sortie du port et nous voilà à Rio. De là, on nous avait dit  prendre un bus ou un taxi vers Praça Mauá mais nous y allons à pied. Tout près de la place, on prend un taxi vers le Corcovado. Franz et Thorsten nous laissent, ils vont à Copacabana.

Nous montons au Corcovado en mini-bus, on s’arrête en chemin pour faire quelques photos et nous voici au milieu de nombreux touristes. Le point de vue est superbe, on peut découvrir l’immensité de Rio, deviner les belles plages, voir les baies et la découpe des côtes. Je devine aussi le Maracana, le plus grand stade du monde, il me semble.

Nous en profitons pour déguster deux délicieux jus de mangue et de goyave. Ça fait du bien vu la chaleur qu’il fait !

On redescend assez vite puis nous prenons un bus pour la praça mauá d’où nous voulons commencer à marcher. Le bus est différent des nôtres, derrière le chauffeur se trouve un homme assis à coté d’un tourniquet. Il encaisse le prix du trajet et nous laisse passer par le tourniquet. Lors d’un arrêt, il aperçoit une personne âgée. Il lui fait signe de monter par derrière pour éviter le tourniquet, va la voir pour lui prendre sa carte, la valide et le lui ramène. Entre eux aussi, les brésiliens semblent très courtois et sympas.

On marche dans les rues, on mange un bout, on boit d’autres jus, on achète des trucs pour le bateau. Il faut quand même avouer que les grandes villes sont très souvent bruyantes, pollués, avec beaucoup de circulation et rarement vraiment jolie. Rio ne déroge pas à la règle et son centre ne nous laissera pas vraiment de souvenir marquant. Si on avait eu un peu plus de temps on aurait aimé aller à Copacabana pour y ressentir l’atmosphère.


Première escale brésilienne : Vitoria

4 novembre 2011

Voilà 6 jours que nous naviguons en plein océan Atlantique, de l’eau à perte de vue, aucun bateau à l’horizon. Et pourtant, nous ne ressentons pas cet isolement, cette solitude que doivent ressentir les skippers de voilier. Les jours passent vite, nous reprenons notre train-train quotidien des jours de mer.

Tôt ce matin, on perçoit un changement dans les mouvements du bateau, on doit approcher du port de Vitoria. Nous sortons. On est entrain de naviguer parmi de nombreux gros cargos, vers le canal nous menant au port. Nous voici au Brésil !

Nous observons avec plaisir les premiers paysages brésiliens : moyennes montagnes lisses (telle l’image que l’on se fait du pain de sucre de Rio de Janeiro), végétation tropicale, petits bateaux de pêcheurs se mêlant aux gros cargos, maisons de tôles colorées se mêlant aux gros immeubles modernes et belles plages de sable fin.

Nous passons la matinée à attendre l’autorisation de descendre à terre. Elle arrivera pendant le repas du midi, nous laissant à peine quelques heures de visite. C’est mieux que rien.

Nous descendons tous ensemble après avoir manger, et nous rejoignons l’autre rive à bord d’une barque à rames. Dur labeur pour les brésiliens qui conduisent ces embarcations à longueur de journée … Durant ces 15 minutes de traversée, nous avons bien failli gouter l’eau brésilienne plus tôt que prévu. Gisèle, se croyant sans doute toujours sur le cargo, s’est mise à bouger d’un coup pour faire une photo sous un autre angle. Ni une ni deux, la barque a commencé à tanguer. Le pilote, inquiet et surpris, lui a fait comprendre de se rassoir. Ouf !

C’est agréable de se balader dans cette ville, les gens sont sympas, certains sont venus discuter naturellement, sans aucune arrière pensée mercantile.

Il y a quelques jolis bâtiments dans le centre historique.

Nous en profitons pour gouter de nouveaux produits locaux : jus de goyave, pudding de maïs, goyave, papaye, fruit de cajou et des espèces de biscuits à base de noix de coco. Les fruits ne nous laisseront pas un souvenir impérissable, par contre, le pudding fut bien bon et le jus délicieux. Les biscuits, bien que trop sucrés, nous ont fait plaisir.

Au retour, nous observons le déchargement de voitures luxueuses : porshe cayenne, range rover, volvo. On discute avec un philippin de l’équipage qui nous dit  qu’il aimerai en garder une pour lui, il fait mine d’en mettre une en poche :)

Le soir, nous regardons la sortie du canal, toujours au milieu de beaucoup de bateaux illuminés.


Toujours a bord

30 octobre 2011

Nous sommes a Santos, nous avons pris beaucoup de retard a Rio et ici (6 jours d attente a l ancre au total). J ecris du cybercafe, desolee pour l absence d accents.

Nous avons mis des photos en ligne, les articles sur le Bresil viendront plus tard. Nous aimerions aussi mettre des commentaires sur les photos mais on completera quand on aura plus de temps.

Si on respecte le nouveau planning on sera a Buenos Aires fin de semaine. On en a un peu marre par moment d etre sur le bateau, on aimerait pouvoir se balader, manger un peu autre chose… mais on ne regrette absolument pas la traversee. C est interessant de decouvrir la vie a bord et on apprecie les escales.

Ici c est le printemps, on a passe la matinee sur la plage de santos, il y avait entre 25 et 30 degres.

Certains nous ont demande pourquoi leur commentaire n apparaissait pas. La premiere fois on doit faire une validation, vos commentaires suivant apparaissent automatiquement.


à Freetown

30 octobre 2011

(article écrit à quatre mains)

A minuit, nous jetons l’ancre au large de Freetown pour ne redémarrer qu’au petit matin. Vers 9h, nous arrivons tout prés du port mais nous nous arrêtons de nouveau. Cela nous laisse le temps de regarder le paysage, de faire des photos. On aperçoit déjà des embarcations rudimentaires et téméraires, taillées dans un tronc et propulsées par voile et pagaies, qui slaloment au milieu des cargos.

Nous apercevons aussi de nombreuses mosquées, des bidonvilles tout prés des côtes (sans doute des pêcheurs), de belles collines verdoyantes et des jeunes qui jouent au foot. Il faut dire que Franz est particulièrement vigilant à ce sujet, car il tient absolument à jouer au foot avec les locaux. Ils nous a demandé de venir jouer avec lui, ce que nous avons accepté sans sourciller, sans trop savoir si sa proposition était sérieuse (Précisons que Franz a 68 ans, qu’il fait un bon 35° humide dehors … et qu’il aime plaisanter).

Durant la manoeuvre d’approche du quai, nous étions à côté du poste de pilotage pour voir comment cela se passe. Les pilotes sierra leonais observent loin devant, le commandant est au poste de contrôle à distance côté quai et crie des mots (souvent “fish ship”, indiquant qu’un bateau de pêche nous coupe la route) à un officier qui se trouve à la porte de la passerelle. Celui-ci transmet le message en criant à celui qui se trouve sur la passerelle. Celui ci répond par le même chemin. Ici nous avions peu de place sur le quai, la manoeuvre s’est faite à vitesse d’escargot mais très précisemment.

Franz est chaud bouillant pour descendre, alors il nous propose d’aller voir ce qu’il en est. En chemin, on croise plusieurs déléguations sierra leonaises (soit une vingtaine de personnes), toutes bien habillées des vêtements très colorés d’Afrique, qui prennent place dans la salle de réunion. L’entrevue avec le capitaine commence par une engueulade mais le calme revient vite. Il y a dû avoir des soucis lors de l’attente au port, car nous devions arriver à quai bien plus tôt. Nous sommes plutôt surpris par tout ce protocole mais Franz me dit : “That’s Africa !”.

Après quelques minutes de palabres, nous apprenons que moyennant l’obtention d’une autorisation coûtant 5 euros nous pouvons descendre passer le reste de la journée en ville. Sept des dix passagers (dont nous!) décident de descendre, escortés par un sierra leonais qui nous mène à la sortie du port.

Le dernier bateau à quai transporte du riz “en vrac”. Pas mal de personnes s’affairent autour de ce bateau afin de remplir des sacs de riz de 50kg à l’aide d’une machine, puis de les charger sur les camions.

Une fois hors du port, nous sommes livrés à nous même. Nous trouvons un vendeur de noix de coco à qui nous en prenons deux. Juste après nous, un sierra leonais vient aussi en acheter deux et paie le même prix. Ici, le marchandage n’est pas nécessaire, ici, nous pouvons marcher dans la rue sans nous faire apostropher à tout bout de champs par des vendeurs.

Nous nous sentons rapidement à l’aise dans les rues de Freetown. Certes, la misère y est forte, les habitations souvent rudimentaires (faites de tôles dans les rues secondaires et de briques dans les rues principales), les conditions d’hygiène déplorables, les égouts à ciel ouvert, la circulation intense et bruyante (le klaxon est fort utilisé), mais les gens sont toujours souriants, accueillants, gentils, et finalement, c’est surtout ça que l’on retient et qui nous marque.

Nous marchons dans les villes, au hasard des rues. Nous voyons de plus près les mosquées aperçues depuis le bateau. Nous arrivons dans un vaste espace fait de latérite, oú pas mal de jeunes et très jeunes jouent au foot. Angélique, Franz et moi jouons avec plaisir un quart d’heure avec eux.

Nous continuons ensuite notre route, toujours entourés de nombreux sourire, au rythme des “hello, how are you ?”, nous serrons les mains des enfants qui accourent nous dire bonjour. Nous les trouvons très beaus avec leurs sourires accrochés, ils semblent déborder de gaieté. Dans les petites rues, les habitants sont dehors, installés devant leurs maisons.

Partout il y a de tout petits étals de fruits et des corbeilles de poissons séchés. Dans les rues plus importantes il y a des petits commerces vendant « un peu de tout ».

Nous sommes aussi impressionnés par la façon qu’on les gens de porter les choses sur leur tête, et cela s’apprend bien jeune semble-t-il.

Lorsque nous arrivons dans un quartier plus animé nous nous plaisons moins, nous n’aimons pas devoir slalomer entre les gens, sur la route sur laquelle la circulation est dense.
Nous assistons au spectacle du remplissage du taxi-brousse: les gens se contorsionnent pour rentrer par les fenêtres arrières. C’est impressionnant !
Nous trouvons ensuite un café et nous y installons pour goûter la « star », bière locale. Nous apprenons que Heinz vient de subir une tentative de vol. Un jeune lui a pris son portefeuille dans la poche de son short mais il a réussi à attrapper le voleur et celui-ci lui a rendu ses sous.

Après la bière (ou les pour les Allemands), nous prenons le chemin du retour que nous terminerons dans le noir. De retour à l’entrée du port nous achetons des noix de coco, des bananes et buvons à nouveau une bière ensemble.

De nombreux enfants viennent nous voir, se présentent, veulent « être nos amis », nous disent leur prénoms, ages, en quelle années ils sont à l’école, ce qu’ils apprennent, touchent mes cheveux et me font toucher les leurs (Angélique). C’est très sympa mais il fini par être temps de partir, ils sont de plus en plus excités et certains réclament de l’argent. Lorsque nous partons ils chantent. D’abord quelque chose que nous ne connaissons pas et puis « happy birthday ».

On aura vraiment apprécié cette courte escapade à Freetown. A 21h, on se retrouve tous ensemble dans le salon pour manger un bout puis nous nous couchons.


à Dakar

30 octobre 2011

Nous avons jeté l’ancre au large de Dakar dans la nuit du 11 octobre. Je suis sortie, on voyait bien les lumières de la ville et des autres bateaux à l’ancre. Notre bateau était bien éclairé lui aussi, beaucoup plus que lorsqu’on navigue, pour être visible des bateaux qui sont en mouvement.

Le port de Dakar est petit et nous devons attendre qu’une place se libère. Dans l’après-midi nous  sommes rejoint par un autre bateau de Grimaldi, identique au notre, et un 3ème arrive le matin suivant. On pense qu’un seul bateau de la compagnie est accueillis à la fois… une chance que nous soyons arrivés les premiers !

Nous n’avons pas vu l’arrivée au port qui s’est faite la nuit suivante mais nous avons entendu du bruit à partir de 2h, le déchargement des voitures situées sur le pont supérieur (juste au dessus de nos têtes) était en cours, à l’aide d’une des grues du bateau.

Nous avons eu la permission de sortir la matinée.

Après avoir changé de l’argent, nous allons au cybercafé, faire quelques achats au grand magasin puis chercher des fruits au marché.

On en a vite marre d’être harcelés sans cesse par des Sénégalais voulant nous vendre quelque chose. On ne peut faire un pas sans qu’on nous propose quelque chose. Et certains nous suivent pendant plus de 500m, ils sont difficiles à décrocher. On a beau dire dès le départ qu’on ne veut rien, certains discutent alors d’autre chose et puis recommencent à insister lourdement pour qu’on aille voir leur boutique, ou leur achète quelque chose.

Sur le marché on choisira d’acheter nos ananas à un des rares marchands qui ne nous alpague pas. Le racolage a sur nous l’effet inverse de celui qu’ils souhaitent.

On rentre pour midi sur le bateau pour y manger. Sur le chemin du retour, Rémy me fait découvrir les noix de coco « à boire ». Il s’agit de noix n’ayant pas encore la croûte brune et contenant beaucoup de liquide. On en achète en rue et le vendeur coupe le dessus avec un grand couteau. Quel bonheur ce liquide frais au goût léger !

Nous sommes contents d’être descendus en ville même si la balade dans le centre de Dakar nous a fatigués, entre la chaleur (39 à l’ombre) et le harcèlement, nous aurions aimé avoir plus de temps pour nous éloigner du centre et découvrir probablement une autre facette de la ville, sans tout les marchands.  Hormis les marchands il y a avait du monde, des gens souriants, des femmes avec de jolis vêtements colorés.

Finalement nous ne quitterons le port qu’après le souper. Nous passons à côté de l’île de Gorée mais il fait déjà noir. Nous nous installons à l’avant du pont supérieur (maintenant vide, tout les véhicules qui l’occupaient ont été descendus à Dakar) pour regarder la sortie du port. A un moment Gaetano (officier second et chargé de la sécurité?) vient nous chercher, sur ordre du capitaine, nous allons pouvoir suivre la fin des manoeuvres manuelles sur la passerelle ! Il nous explique ce qu’il se passe, c’est vraiment intéressant.

Ils nous montre les autres bateaux sur le radar, nous explique qu’ils doivent faire très attention et parfois aller voir dehors lorsqu’un bateau est repéré sur le radar car on ne voit pas bien les tout petits bateaux de pêche qui ne sont parfois pas éclairés. Ils nous explique qu’un homme se trouve tout à l’avant du bateau, un tout à l’arrière et un près des machines, tous communiquent par radio avec le commandant. C’est le commandant qui fait toutes les manoeuvres de sorties et entrée au port. Un pilote du port doit être à bord mais comme on est sur un bateau de ligne le commandant connaît très bien les ports et le pilote n’est pas vraiment nécessaire.
Lorsque le pilote automatique est mis il y a toujours une personne sur la passerelle chargée du contrôle. Ils se relaient à 3, faisant chacun 2 tours de 4 heures sur 24h. Le capitaine et Gaetano ne prennent pas de gardes, eux sont « actifs » tout le temps sur le bateau. Ceux qui font les gardes font en moyenne 1 à 2h d’heures supp chaque jour en plus de leurs 8h de garde.

Dans les ports africains l’équipage ne dort pas, ils doivent tout le temps surveiller qu’on ne vole rien ( et certains camping car « non accompagnés » arrivent parfois vidés en Amérique du Sud, les passagers voyageant avec nous montent la garde à tour de rôle auprès de leurs véhicules). Les Sénégalais travaillant pour le déchargement ne peuvent circuler seuls sur le bateau. Cette surveillance n’était pas présente dans les ports précédents et on voit qu’ils ont hâte d’avoir quitté l’Afrique.

L’intendant philippin nous a dit qu’il ne descendait pas du bateau en Europe parce que la vie y est trop chère, ni en Afrique car il a peur. Il attend le Brésil où il lui arrive de descendre.


Le Havre – Dakar

12 octobre 2011

Un grand merci à tous pour vos commentaires! Même si on ne répond pas à tous individuellement ils nous font très plaisir!

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Du Havre à Dakar, nous avons 6 jours de navigation ininterrompue dans l’Atlantique.

Alors qu’au départ d’Anvers nous avons passé notre première journée de navigation sur une mer d’huile (Laurent ajouterait qu’en bonne belge, j’ai jeté des frites par dessus bord, mais non ;-) ), le bateau a commencé à bouger en arrivant dans l’Océan… et nous n’étions plus aussi en forme. Nous ne pouvions lire ou tricoter longtemps et craignions le moment où, peut-être, ça bougerait plus fort.
Le lendemain tout était rentré dans l’ordre, le bateau bougeait toujours, mais nous ça ne nous fait plus rien (enfin si… ça berce, comment s’endormira-t-on une fois de retour sur la terre ferme?), nous sommes “amarinés”. Il bouge même nettement plus par moment que lors de ce premier jour dans l’Atlantique.

Après 4 jours de navigation, c’est de nuit que nous arrivons aux îles Canaries, nous passons entre Tenerife et Gran Canaria. De jour il parait qu’on peut voir le Teide, sommet le plus haut d’Espagne, situé sur l’ile de Ténérife. Nous n’aurons donc pas cette chance et nous contenterons de la vue des lumières allumées sur les Iles.
On peut aussi profiter du passage pour téléphoner car on capte les réseaux GSM espagnols, nous comptions aussi là-dessus pour appeler nos familles, il est déjà minuit en Belgique et en France lorsque nous commençons à capter le réseau, on attendra donc Dakar.

Le dimanche est le jour des exercice de sécurité. Pour notre premier dimanche de navigation, nous ne participons pas et visionnons des vidéos sur la sécurité pendant que l’équipage fait les exercices. Après les vidéos nous allons voir le bateau de sauvetage. Nous ne sommes que 37 à bord pour un bateau de sauvetage de 46 places. Il y faisait une chaleur étouffante… il était en plein soleil mais sans personne à bord, les places sont très étroites et on doit être bien ballottés là-dedans en pleine mer… et on n’a pas demandé comment il faut faire lorsqu’on a un besoin urgent.

Après la visite du bateau de sauvetage, nous nous installons sur le pont et entendons “Plouf”, puis encore “Plouf”… nous regardons la mer… et voyons des dauphins tout près du bateau! Quel plaisir que de les regarder sauter! Ils sont nombreux, sautant parfois par 3 ou 4 parfaitement synchronisés! Nous espérons que l’occasion de les observer se représentera durant la traversée.

Lundi matin c’est une multitude de poissons volants qui s’offrent à nos yeux. Nous sommes surpris par ces poissons. Nous ne pensions pas qu’ils parcouraient une si grande distance hors de l’eau, volant durant plusieurs secondes avant de redescendre dans l’eau.

Il fait de plus en plus chaud, ce matin 27 degrés à 7h30.

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Les photos viendront quand nous auront une bonne connexion et plus de temps.
Nous vous rappelons que vous pouvez vous inscrire à la newsletter du blog en entrant votre adresse email dans la case prévue à cet effet dans l’un des cadres se situant sur la droite.

Nous partons maintenant en direction de Freetown, où nous ne savons pas si nous pourrons débarquer, puis du Brésil. Nous ne savons donc pas quand nous pourrons à nouveau vous donner des nouvelles.

Si vous souhaitez savoir où nous sommes, vous pouvez chercher la position du “Grande Francia” sur ce site:   http://www.marinetraffic.com/ais/fr/default.aspx?centerx=30&centery=25&zoom=2&level1=140


Honfleur

12 octobre 2011

Lors de notre arrêt au Havre, nous avons pu passer une journée à quai. Nous en avons profité pour récupérer nos vélos et aller jusqu’à Honfleur, situé à 18km du quai.

La sortie du port n’est pas des plus amusante, nous étions doublés par de nombreux poids-lourds. Au bout de quelques km nous avons enfin eu une piste cyclable et commencé à profiter pleinement de notre “liberté” de la journée.

Pour aller à Honfleur nous devions traverser le pont de Normandie, ce pont est immense (et pas plat!). La traversée est payante pour les automobilistes mais gratuite pour les vélos. Ce n’est cependant pas une partie de plaisir. La piste cyclable n’est pas séparée de la route et de nombreux poids-lourds y roulent vite, et très près de la piste, les plus gros provoquant un appel d’air qui me fait un peu dévier de ma trajectoire… qu’il faut récupérer aussitôt car d’autres suivent.

Nous arrivons à Honfleur un peu après midi. C’est une très jolie petite ville avec un petit port de pêcheurs. Nous mangeons en terrasse le long du port puis flanons un peu dans la ville. Nous avons de la chance, le temps est superbe. On se croirait en été (alors que le lendemain il fera moche).

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons au Leclerc pour acheter des chaises pliantes afin de pouvoir nous installer sur le pont pour lire et observer l’océan. Rémy les ramène sur son porte-bagage.


Activités portuaires

12 octobre 2011

Angélique me passe un peu la plume pour que je vous parle de ce que nous avons pu observer dans les ports. Je vais essayer d’écrire un récit pas trop bateau … (voilà, ça c’est fait ;-) )
En pensant aux activités portuaires, s’il y a un mot qui nous vient sans cesse à l’esprit, c’est bien le mot démesure. L’arrivée au port d’Anvers nous a d’ailleurs tout de suite mis dans le bain, à travers son dédale de routes et de ronds-points. Mieux vaut connaitre son numéro de quai !

L’approche à vélo du cargo au milieu des conteneurs et des engins de chargement, nous donne ensuite un premier ordre de grandeur de ce que nous allons voir les prochains jours. Imaginez vous un bateau de plus de 220m de long et 40m de haut (13 étages) pouvant contenir jusqu’à 3000 voitures, un quai remplis de centaines de conteneurs d’environ 3m x 3m x 10m ou 20m, empilés comme des legos, et des engins de toutes sortes les manipulant avec une aisance déconcertante. Nous entrons dans un nouvel univers, complètement inconnu de nous deux. Après quelques jours d’observation, les voitures, les bus et les camions, en grand nombre sur le quai, nous semble ridiculement petits, on croirait des jouets !

Le Grande Francia transporte des conteneurs à l’avant, des vieilles voitures sur le pont supérieur, qui seront déchargées à Dakar (Sénégal) et à Freetown (Sierra Leone) et des véhicules de toute sorte à l’intérieur (voitures neuves, engins de chantier, engins agricole, etc …).

Le chargement du cargo dépend de l’infrastructure du port. A Anvers, tout a été chargé en même temps. Voitures et engins de chargement se croisaient à un rythme effrené et sans réel respect d’aucune règle de conduite si ce n’est que l’engin de chargement semble avoir une priorité absolue. Les conducteurs de voiture de s’en donnent à coeur joie: grosses accélérations, crissements de pneus, dérapages au démarrage sont monnaie courante, pendant que les engins de chargement se baladent en toute sérénité, un conteneur au bout du bras. Autant dire que ce n’est pas le bon moment pour aller vadrouiller à coté du cargo.

Au Havre, les conteneurs et les véhicules se trouvent sur deux quais distincts. Les engins de chargement sont ici très différents. Beaucoup plus haut, ils viennent positionner le conteneur entre leurs quatre roues, le soulève et s’en vont en émettant des petits bruits de robots de jeux vidéo. La nuit, leur ballet est assez amusant à regarder :-)

Pour les photos, se sera pour plus tard, quand nous aurons une connexion suffisamment rapide.


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