Jeudi 10 novembre, nous avions prévu de continuer notre route en direction de Paysandú, mais nous avons été retenus par les journalistes ! En effet, la veille au soir nous sommes passés au siège du journal accíon et avons pas mal discuté avec une des journalistes, si bien qu’elle a voulu nous prendre en photo et noter quelques informations supplémentaires pour publier un nouvel article le lendemain ! Ca aurait été dommage de partir sans le voir !
Du coup, on a passé une journée très tranquille, alternant balade dans la ville, pratique de l’espagnol au hasard des rencontres et détente au camping. En fin de journée, je trépignais un peu d’impatience à l’idée de reprendre la route. Vivement le lendemain !
Vendredi, fidèles à notre règle des jours de fournaise, nous nous levons à 5h30 pour ne quitter le camping que deux heures plus tard, captivés par l’ambiance mystique des paysages environnants (reflets de la lune, brume, belles couleurs).
On nous avait prévenu que cette route jusqu’à Paysandú était assez déserte et qu’elle est empruntée par beaucoup de camions qui transportent du bois. On ne s’attendait donc pas à être émerveillés par les 120km à venir, mais ces étapes “de transition” font partie du voyage et rendent les belles étapes encore plus belles.
Les premières heures de pédalage, à la fraicheur du début de matinée, sont quand même agréables. Nous empruntons notre premier bout de piste qui nous permet d’éviter la route principale pendant 10km et être au calme. Une fois revenus sur l’axe principal, la circulation reste assez tranquille, les bas cotés nous permettant de rouler un peu à l’écart lorsque des camions de bois se croisent. Nous en profitons pour perfectionner notre technique de roulage : étant un peu plus rapide, je passe devant pour abriter Angélique du vent, et elle me dit si je vais trop vite ou pas assez vite. Ca marche plutôt bien.
(Angélique: Jusque là, à chaque descente je pédalais pour gagner de la vitesse alors que Rémy pouvait se contenter de suivre, sans pédaler dans mon sillage, je trouvais ça frustrant !)
A mesure que le temps passe, le soleil devient de plus en plus chaud, et les zones d’ombre de plus en plus rares,à 13h on trouve quand même un petit bout d’ombre pour s’arrêter manger mais les nombreux insectes ne sont pas de cet avis à en croire les piqûres qu’ils nous font. Nous reprenons donc très vite la route pour trois heures de plus en plein caniar et le moral d’Angélique (qui rêvait d’une sieste réparatrice à l’ombre) en prend un coup. Je la comprends, pour un début de voyage on aimerait bien des étapes un peu moins éreintantes. On finit par tomber sur une station service au milieu de nulle part. Chouette ! On va pouvoir boire une boisson bien fraîche, et peut être même manger une glace !
Nous en profitons pour demander s’il y a un camping à San Javier, un village à 24km de là, au bord de l’eau mais à l’écart de la route. C’est un bon détour pour nous mais si ça nous permet de camper dans de bonnes conditions ça vaut le coup (sur l’axe principal, tous les champs sont clôturés). A notre plus grande surprise, le gérant de la station nous dit qu’on peut camper juste à côté de la station, dans un espace vert impeccable et qu’en plus on peut prendre une douche. Que demander de plus ! Nous sommes ravis ! Et nous passons une très agréable soirée.
Le lendemain, la route jusqu’à Paysandú n’est pas très joyeuse. Elle est bien plus vallonée et les bas côtés en goudron ont laissé place à du ripio en mauvais état, si bien que nous devons nous arrêter de temps en temps sur le côté pour laisser les camions se croiser.
La halte à Paysandú sur les coups de 13h est l’occasion de manger notre dernier chivito en Uruguay. Puis, en longeant le fleuve, nous rejoignons le pont nous ramenant en Argentine. Nous franchissons facilement la frontière (avec un bout de saucisson clandestin dans nos sacoches, au nez et à la barbe des services sanitaires) et arrivons à Colón pour une nouvelle journée de repos












Publié par remy 















