Derniers jours en Uruguay

13 novembre 2011

Jeudi 10 novembre, nous avions prévu de continuer notre route en direction de Paysandú, mais nous avons été retenus par les journalistes ! En effet, la veille au soir nous sommes passés au siège du journal accíon et avons pas mal discuté avec une des journalistes, si bien qu’elle a voulu nous prendre en photo et noter quelques informations supplémentaires pour publier un nouvel article le lendemain ! Ca aurait été dommage de partir sans le voir !

Du coup, on a passé une journée très tranquille, alternant balade dans la ville, pratique de l’espagnol au hasard des rencontres et détente au camping. En fin de journée, je trépignais un peu d’impatience à l’idée de reprendre la route. Vivement le lendemain !

rue calme de Mercedes

Vendredi, fidèles à notre règle des jours de fournaise, nous nous levons à 5h30 pour ne quitter le camping que deux heures plus tard, captivés par l’ambiance mystique des paysages environnants (reflets de la lune, brume, belles couleurs).

belles couleurs au petit matin

ambiance mystique

On nous avait prévenu que cette route jusqu’à Paysandú était assez déserte et qu’elle est empruntée par beaucoup de camions qui transportent du bois. On ne s’attendait donc pas à être émerveillés par les 120km à venir, mais ces étapes “de transition” font partie du voyage et rendent les belles étapes encore plus belles.

Les premières heures de pédalage, à la fraicheur du début de matinée, sont quand même agréables. Nous empruntons notre premier bout de piste qui nous permet d’éviter la route principale pendant 10km et être au calme. Une fois revenus sur l’axe principal, la circulation reste assez tranquille, les bas cotés nous permettant de rouler un peu à l’écart lorsque des camions de bois se croisent. Nous en profitons pour perfectionner notre technique de roulage : étant un peu plus rapide, je passe devant pour abriter Angélique du vent, et elle me dit si je vais trop vite ou pas assez vite. Ca marche plutôt bien.
(Angélique: Jusque là, à chaque descente je pédalais pour gagner de la vitesse alors que Rémy pouvait se contenter de suivre, sans pédaler dans mon sillage, je trouvais ça frustrant !)

premier bout de piste

A mesure que le temps passe, le soleil devient de plus en plus chaud, et les zones d’ombre de plus en plus rares,à 13h on trouve quand même un petit bout d’ombre pour s’arrêter manger mais les nombreux insectes ne sont pas de cet avis à en croire les piqûres qu’ils nous font. Nous reprenons donc très vite la route pour trois heures de plus en plein caniar et le moral d’Angélique (qui rêvait d’une sieste réparatrice à l’ombre) en prend un coup. Je la comprends, pour un début de voyage on aimerait bien des étapes un peu moins éreintantes. On finit par tomber sur une station service au milieu de nulle part. Chouette ! On va pouvoir boire une boisson bien fraîche, et peut être même manger une glace !

pause avec les insectes (et nouvelle béquille pour mon vélo :) )

on aperçoit de beaux oiseaux

Nous en profitons pour demander s’il y a un camping à San Javier, un village à 24km de là, au bord de l’eau mais à l’écart de la route. C’est un bon détour pour nous mais si ça nous permet de camper dans de bonnes conditions ça vaut le coup (sur l’axe principal, tous les champs sont clôturés). A notre plus grande surprise, le gérant de la station nous dit qu’on peut camper juste à côté de la station, dans un espace vert impeccable et qu’en plus on peut prendre une douche. Que demander de plus ! Nous sommes ravis ! Et nous passons une très agréable soirée.

camping "sauvage" de rêve

Le lendemain, la route jusqu’à Paysandú n’est pas très joyeuse. Elle est bien plus vallonée et les bas côtés en goudron ont laissé place à du ripio en mauvais état, si bien que nous devons nous arrêter de temps en temps sur le côté pour laisser les camions se croiser.

croisement avec un camion

pause mantecol ! (barre à la pâte de cacahuète)

route vers Paysandú

La halte à Paysandú sur les coups de 13h est l’occasion de manger notre dernier chivito en Uruguay. Puis, en longeant le fleuve, nous rejoignons le pont nous ramenant en Argentine. Nous franchissons facilement la frontière (avec un bout de saucisson clandestin dans nos sacoches, au nez et à la barbe des services sanitaires) et arrivons à Colón pour une nouvelle journée de repos :)

le long du fleuve

le pont vers l'Argentine


Premiers jours en Uruguay

10 novembre 2011

Bateau pour l'Uruguay

Samedi 5 novembre, nous avons pris le bateau pour traverser le rio de la plata, qui sépare Buenos Aires de Colonia del Sacramento (en Uruguay). Heureusement qu’on est arrivés avec pas mal d’avance, il fallait faire la file à un endroit pour avoir un ticket et les papiers à remplir pour l’immigration puis aller payer à la caisse, passer ensuite à un comptoir d’enregistrement des bagages semblable à ceux qu’on trouve dans les aéroports, aller déposer les vélos sur le parking, passer un contrôle de sécurité avec notre bagage à main et enfin faire tamponner le passeport… avant de pouvoir aller attendre l’embarquement.

A 14h45 nous débarquions en Uruguay. Nous sommes aller nous balader et manger dans la mignonne petite ville de Colonia puis nous sommes allés nous installer au camping, pour notre première nuit sous tente du voyage. Nous étions les seuls dans ce minuscule camping contenant bon nombre de barbecue. On a passé une bonne soirée et une bonne nuit.

Colonia

Mecanique pour Remy au premier campement

Creme au dulche de leche (confiture de lait, fort repandue en amerique du sud)

Le lendemain, dimanche, nous avons commencé à rouler en direction de Carmelo, que nous pensions atteindre en 2 jours… finalement nous y étions le soir même, nous avons fait 83km lors de cette première étape, bien plus que nous ne pensions, avec un relief vallonné comme celui du Condroz : on ne monte jamais bien haut… mais derrière chaque montée on aperçoit une descente suivi d’une nouvelle côte.

Comme nous étions dimanche, jour de l’asado (barbecue) traditionnel ici, et que nous n’avions pas de viande, nous avons participé à notre manière… nous nous sommes fait griller. Les jours suivants nous roulons plus souvent en t-shirt à longues manches et en pantalon, le temps que nos coups de soleils disparaissent.

Carmelo est une petite ville avec de sympathiques plages en bord de rivière mais nous n’en profiterons guère, nous nous posons à l’hotel et n’en bougeons pas de la soirée.

Plage a Carmelo

Petit contre temps... ma roue s'en allait...

Le paysage est sympa mais sans plus, il ressemble pas mal à la campagne près de chez mes parents (en nettement moins plat). Des champs, des vaches, des balots dans certains champs…

Notre occupation principale sur la route, hormis le pédalage, est d’observer les nombreux oiseaux. Il y a des oiseaux à houpettes, des mignons à tête rouge, d’autres avec une queue en V, d’autres encore au corps vert… La taille de certains nids, ainsi que leur nombre dans certains arbre sont assez impressionnants.

Arbre plein de nids

Le deuxième jour nous nous sommes arrêtés dans une petite ville de midi à 17h afin d’éviter de rouler aux heures les plus chaudes. Nous en profitons pour goûter au chivito, une spécialité du coin ressemblant au hamburger mais avec une bonne tranche de boeuf à la place du steak haché et vraiment bien garni (oeuf, fromage, crudités, jambon…), un délice pour nous qui sommes affamés. (Il parait que Rémy ne m’a jamais autant entendue dire « j’ai faim » que durant cette première semaine à vélo).

Chivito

Après avoir mangé, nous avons été passer le reste de l’après midi à l’ombre au bord de l’eau. Le pied !

Sieste au bord de l'eau

Nous avons encore fait 20km au soir puis nous sommes arrêtés pour notre premier camping sauvage du voyage. Ce n’est pas facile ici de trouver un bon endroit, de chaque côté de la route il n’y a que des champs clôturés. Nous finissons par nous installer lorsque nous trouvons une zone un peu moins visible en contre-bas de la route. Nous ne serons pas ennuyés mais dormirons très peu (pas plus de 4h) car nous stressons au moindre bruit et quand nous finissons par bien nous endormir il ne reste que peu de temps avant le réveil programmé à 5h pour pouvoir profiter des heures matinales pour pédaler avant que le soleil ne tape trop.

On mange en attendant le noir complet pour monter la tente

Depart aux premieres lueurs de l'aube

Mardi nous démarrons donc à 6h30, heure à laquelle le soleil se lève, en direction de Mercedes, nous avons 60km à parcourir… Un étape « courte » mais qui nous semblera bien longue. Nous sommes fatigués, autant par la courte nuit que par les étapes précédentes et le paysage est toujours identique à celui des 2 jours précédents, toujours aussi vallonné… la seule chose qui change c’est qu’on a maintenant le vent de face.

On termine péniblement l’étape et on est heureux de se poser au camping, en bord de rivière, où on décide de rester une journée supplémentaire pour nous reposer, faire une lessive, régler mieux les vélos.

Au camping

Après nous être installés et reposés, nous allons nous balader dans la ville. C’était très calme lorsque nous sommes arrivés, à l’heure de la sieste, mais le soir il y a des gens partout, buvant le maté. Cette boisson est une véritable institution dans ce pays (ainsi qu’en Argentine et au Paraguay), tout le monde se balade avec son thermos sous le bras, sa gourde à maté et la paille (appelée bombilla) qui permet de boire le maté sans aspirer les feuilles. Même dans le supermarché on a vu un homme entrain de boire le maté tout en faisant ses courses.

Cathedrale de mercedes

Le lendemain après-midi deux jeunes viennent nous voir au camping. Ils nous disent qu’ils nous ont vu dans le journal et veulent prendre nos vélos en photo. Plus tard ils reviennent, nous amènent le journal ainsi que des plans de quelques villes Uruguayennes.

Dans le journal!

On comprend qu’une des personnes qui nous a prise en photo la veille et nous a posé quelques questions était en fait un journaliste ! On ne voyage vraiment pas incognito avec nos vélos ! (D’autant plus que nous sommes ici dans un coin peu touristique)

Après ces 4 premiers jours passés en Uruguay, ce qui nous marque probablement le plus, c’est la gentillesse des Uruguayens, toujours prêts à nous renseigner avec le sourire et qui ne manquent pas de nous encourager lorsqu’ils nous croisent sur la route.


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