Volcans, lagunes et flamants roses…

22 avril 2012

Nouveauté: des liens dans le texte renvoient à des articles de wikipedia, pour ceux qui veulent en savoir plus.

Pour ceux que les explications sur la région n’intéressent pas, vous pouvez zapper le texte… mais regardez quand même les photos ;)

19/04/2011: repos à San Pedro

20/04/2011: Excursion aux lagunas Chaxa, Miniques et Misquanti

San Pedro de Atacama

San Pedro est une oasis située dans le désert d’Atacama. Ce village de 2000 habitants est hyper-touristique à cause des nombreux sites naturels particuliers et  de toute beauté à voir dans les environs. C’est bien simple, il nous semble qu’un bâtiment sur 2 est soit une agence de voyage, soit un hôtel, soit un restaurant… et les prix sont bien plus élevés qu’ailleurs au Chili. Pour l’hébergement nous bénéficions toutefois d’un tarif plus qu’acceptable car on est en basse saison et on reste plusieurs nuits.

Le village a néanmoins du charme avec ses rue en terre et ses bâtiments en adobe. Nous apprécions nous y balader. De plus le ciel est en permanence d’un bleu magnifique dans cette région rarement nuageuse.

Rue de San Pedro

En sortant de l’auberge nous avons vue sur le Licancabur, vue dont on ne se lasse pas, à chaque fois c’est un plaisir.

Le Licancabur

Laguna Chaxa

La Laguna Chaxa est située sur le salar d’Atacama. Nous nous attendions à voir une immense étendue blanche de sel… il n’en est rien! Contrairement à des salars tels que le salar d’Uyuni (en Bolivie), il ne provient pas de l’évaporation d’un ancien lac salé. Ici c’est les pluies sur la chaine volcanique des Andes qui y ramassent du sel d’origine volcanique en s’infiltrant dans le sol avant de finir leur course sous le salar d’Atacama. C’est à cause de cette origine et du fait qu’il ne pleut jamais à surface du salar que le sel est grisâtre et que la surface n’est pas du tout lisse. Contrairement au salar d’Uyuni où la croûte de sel est d’environ 1m, ici elle est d’1,5km! D’autre part, le salar contient un des plus grand gisement de lithium au monde.

Ce n'est pas un salar tout blanc, tout propre, tout lisse

Après cette petite parenthèse sur le salar revenons-en à la lagune et à son principal intérêt pour nous… l’observation des flamants roses. Nous apprenons qu’il en existe ici trois espèces, le flamant andin est le plus grand, le chilien, de taille intermédiaire, est le plus beau selon notre guide (mais le contraire nous aurait étonné) et le flamant de James est le plus petit. Ce dernier n’est pas présent à cette époque de l’année, il vient en hiver lorsque les lacs situés à plus de 4000m d’altitude sont gelés.

Les flamants doivent leur couleur rose à leur alimentation. Ils mangent des micro-organismes de la famille des crustacés, appelés artémias qui, eux, mangent des algues riches en beta-carotène.

Lagunas Miscanti et Miniques

Ces deux lacs sont situés l’un à côté de l’autre à 4200m d’altitude au pied des volcans… Miscanti et Miniques! Ils sont vraiment magnifiques, nous passons plus d’1h dans ce superbe paysage, à prendre des photos, admirer le paysage et écouter notre passionnant guide (géologue de formation) qui est très pédagogue et comme il ne parle pas trop vite et articule bien (contrairement à beaucoup de ses compatriotes), nous comprenons tout ce qu’il raconte.

Nous apprenons entre autre l’origine glaciaire de ces lacs, la séparation en 2 lacs suite à une éruption du volcan Miniques, les indices dans le paysages nous permettant d’affirmer que toute la zone était recouverte d’un glacier. On en apprend aussi un peu plus sur les pierres d’origine volcanique et on observe des minéraux avec sa loupe de géologue! Il nous parle aussi de la faune présente, de l’extinction d’une espèce unique de grenouilles présente ici à cause de l’introduction de truites par le gouvernement, dans le but de fournir ce poisson aux communautés locales pour se nourrir… mais clairement sans avoir fait une bonne étude d’impact environnemental, les truites étant agressives dans cet environnement qui n’y est pas adapté.

Par souci de ne pas perdre trop de lecteurs en chemin je ne développe pas trop mais si vous voulez en savoir plus on se fera un plaisir de vous répondre.

Socaire et Toconao

Socaire est situé à 3200m d’altitude. L’eau n’arrive pas au village et pourtant les habitants vivent de leur cultures. Comment font-il? Régulièrement ils font couler de l’eau depuis les lacs, prennent ce dont ils ont besoin puis rebouchent le canal d’irrigation, s’ils laissaient couler l’eau le lac serait vite asséché. Ils avaient tenté l’irrigation au goutte à goutte grâce à des tuyaux en PVC, technique très efficace… mais impossible ici car il gèle la nuit une bonne partie de l’année et les conduites éclatent lorsque l’eau gèle à l’intérieur.

Socaire

A Toconao, nous visitons l’église, faite uniquement avec des matériaux locaux… et reconstruite de nombreuses fois suite à des tremblement de terre. Le dernier en date est de 1935. Ici le campanile est séparé de l’église, c’est une astuce des colonisateurs pour faire accepter leur religion aux indigènes… le campanile situé devant l’église représente le père qui protège l’église, représentant la mère, et ses enfants… les fidèles qui vont dans l’église.

Le campanile devant l'église

Le bois utilisé est du bois de cactus local, malheureusement devenu très rare car les espagnols l’ont sur-exploité. Ce cactus ne poussant que d’un cm par an le renouvellement est très lent.

Porte en bois de cactus

Beaucoup de maisons dans le village sont construites avec une pierre volcanique ayant de très bonnes propriétés thermique permettant de conserver la fraicheur dans les habitations lorsqu’il fait très chaud le jour et la chaleur lors des nuits glaciales.


100km dans le désert d’Atacama

20 avril 2012

17/04/2012: Calama – désert 48km

18/04/2012: désert – San Pedro de Atacama 52km
Après 40 jours sans vélo, c’est à Calama que nous reprenons la route, avec au programme 100km dans le désert et un col à 3450m (en venant de 2300m). C’est donc bien chargé en eau (environ 10 litres chacun, de quoi tenir 2 jours et demi environ) que nous nous mettons en route.

Sortie de Calama, oasis dans le désert

Bien que le désert ne soit pas l’endroit le plus accueillant, nous sommes contents de retrouver cette liberté qu’on ressent en voyageant à vélo. Nous sommes simplement heureux d’être là tout les 2.

C’est la première fois que je roule depuis l’installation de ma suspension bloquable… quel bonheur de ne plus faire le kangourou et de ne plus être “collée à la route” au moindre faux plat montant! (Même si on est toujours plus lents que les cyclistes que nous connaissons en vélo droit)

Le premier jour nous parcourons 48km, en côte assez régulière, sur une longue ligne droite qui n’en fini pas…. et nous donne l’illusion que la route est plate (ce que contredisent notre vitesse et l’altimètre). Rémy trouve que ça donne l’impression de faire du vélo sur un vélo d’appartement tracté par un escargot. Au matin nous roulons facilement, les kilomètres défilent gentiment mais à mesure que la fatigue et l’altitude augmentent on avance avec de plus en plus de difficulté. On se fixe l’altitude de 3000m comme objectif et dès qu’on l’a atteinte on s’arrête, c’est déjà assez haut pour une première montée en altitude.

Le désert à perte de vue

Ligne droite...

On est tout contents de retrouver notre maison de toile (ça faisait si longtemps!) et de dormir tranquillement dans le désert (après 3 nuits très bruyantes à Calama). Nous profitons en outre d'un chouette couché de soleil puis d'un magnifique ciel étoilé.

Bivouac au milieu du désert

Le remède miracle pour bien digérer malgré l'altitude... infusion de feuilles de coca

Nous avons vraiment bien dormi, aucun soucis liés à l’altitude, par contre dès que l’on décide de se remettre en route on sent qu’on n’est pas au niveau de la mer. Nos sacoches nous semblent bien plus lourdes à porter pour les mettre sur le vélo et j’ai eu un mal fou à redresser mon vélo chargé lorsque je l’ai posé au sol.

Les premiers kilomètres ne sont guère plus intéressant que la veille… nous sommes toujours sur la même longue ligne droite mais à mesure que nous prenons de l’altitude nous commençons à apercevoir, derrière le col, des sommets enneigés se situant entre 5000 et 6000m d’altitude.

Le Lincancabur, un volcan majestueux culminant à 5900m

Au bout d’une petite vingtaine de kilomètres nous entamons une splendide descente, au milieu du désert avec en toile de fond le salar d’atacama, la vallée de la lune et les volcans enneigés… Vraiment que du bonheur!

Pause dans la descente

La descente n'a pas été heureuse pour tout le monde... partout le long de la route on voit des panneaux demandant de rouler doucement et de vérifier les freins avant la descente

En environ 20km nous avons redescendus tout le dénivelé grimpé sur plus de 60km. Une dernière ligne droite interminable nous fait remonter de 200m avant de profiter d’une nouvelle descente magnifique avec vue sur la vallée de la mort.

La plus belle partie!

Arrivée à San Pedro


Mine de Chuquicamata… tout dans la démesure!

17 avril 2012

A 15km de Calama se situe la mine de Chuquicamata, qui est la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde. Aller la visiter est la principale attraction touristique de Calama, dont toute l’économie est tournée vers la mine.

Dans les rues de Calama des statues de cuivre (ici un mineur) nous rappellent l'importance des mines dans la région

En chemin vers la mine nous traversons la ville-fantôme de Chuquicamata, cité minière fondée en 1915, qui a été vidée de ses habitants, déplacés à Calama en raison des risques environnementaux dus à la proximité de la mine (la dernière famille a quitté la ville en 2008).

Un bâtiment sur la place centrale de Chuquicamata

A l’arrivée dans la mine nous sommes d’abord impressionnés par les énormes camions chargés de transporter la roche, ils font 7m de haut, peuvent transporter 400T de roches (dont seront extraites 4T de cuivre), consomment 3l à la minute et ont un réservoir de 5000l! Leur prix est tout autant dans la démesure, ils coûtent environ 4 millions de dollars chacun et ont une durée de vie de 8 ans.

Impressionnant à côté de la camionnette!

Tout aussi impressionnant à côté du bus

Un minuscule 4X4 se cache dans l'image...

Nous continuons ensuite jusqu’à un mirador duquel nous pouvons voir la mine. Le trou est immense: 5km de long, 3km de large et 1km de profondeur! La mine est exploitée depuis 1915 et sera exploitée jusqu’en 2020 à ciel ouvert, ce qui est un record. Ensuite elle deviendra une mine sous-terraine, elle devrait encore être exploitée durant 60 ans!


Prendre le bus un vendredi 13…

15 avril 2012

On n’est pas vraiment superstitieux, on n’a donc pas hésité une seule seconde jeudi en allant acheter nos tickets de bus pour le lendemain. J’ai même choisi les places à l’avant, les plus dangereuses en cas d’accident, pour une fois qu’elles étaient encore libres (on est plutôt habitués aux places arrières… proches des toilettes odorantes au bout de quelques heures de trajet). La dame au guichet nous a bien assurés que c’était un simple étage avec des grandes soutes et qu’il n’y aurait aucun souci pour les vélos.

Vendredi matin, on se lève tôt. La journée commence bien, le proprio de l’auberge a rajouté du jus par rapport au pti déj standard et nous fait goûter un délicieux fromage maison et sa femme nous offre un paquet de gaufrettes au chocolat pour la route (super 8 pour ceux qui connaissent, c’est assez addictif).

Nous sommes à la gare bien à l’heure et attendons le bus. Lorsqu’il arrive, les chauffeurs regardent nos vélos en faisant “non” de la tête… ça commence mal! Ils ouvrent ensuite les énormes soutes… et nous découvrons qu’ils ont embarqué de nombreux colis à livrer. On tentera quand même de faire rentrer les vélos mais ce fut impossible. C’est bien la première fois qu’on nous assure au guichet qu’il n’y aura pas de soucis et qu’on est finalement refusés… c’est aussi la première fois que les vélos ne peuvent rentrer dans un bus simple étage. Nous sommes un peu dépités!

Nous nous mettons donc à la recherche d’un autre bus pour le jour-même. Une autre compagnie nous annonce avoir de la place sur un simple étage à 15h30 mais à l’autre terminal de bus, situé non loin. Pas de soucis, nous achetons les places. A 15h20, nous voyons arriver un bus pour Calama au quai où nous attentions le nôtre… mais il s’agit d’un double-étage et il est indiqué dessus “15h01″. On se dit que c’est le bus précédent qui a du retard mais par acquis de conscience je vais quand même voir le chauffeur pour vérifier… C’est notre bus! Là on se dit que c’était vraiment pas le bon jour pour prendre le bus avec nos vélos!

On explique la situation (leur vendeur nous a certifié que c’était un simple étage) et demande si on peut quand même mettre les vélos, on nous annonce un supplément exorbitant à nos yeux (30 000 pesos alors que pour nos billets on a payé 73 000). Rémy  s’énerve un peu, dit qu’on veut bien payer mais que là c’est abusé et qu’en plus la société manque de professionnalisme, que nous on fait tout pour faciliter les choses et gêner le moins possible en ne choisissant que des simples étages, on ne paiera finalement “que” 20 000 (32 euros) et on a tout fait rentrer en démontant les roues et mon siège. Après ces “explications”, les chauffeurs ayant compris seront très sympas avec nous.

Ce matin au réveil nous étions dans le désert, du sable, des dunes, d’anciennes villes abandonnées et détruites et des mines. Le sous-sol ici regorge de minéraux, les mines de la région rapportent chaque année énormément d’argent au Chili.

Peu avant l’arrivée à Calama, nous apercevons au loin de hautes montagnes enneigées… nous imaginons que le col que nous devrons traverser pour retourner en Argentine se trouve là-bas quelquepart, la tâche s’annonce rude!

Notre guide (lonely planet) nous présente Calama comme une ville hideuse… moi je lui trouve un certain charme, la place d’armes (place principale, que l’on retrouve dans toute ville du Chili, du Pérou… et j’imagine d’autres pays d’Amérique du sud) est sympa et il y a une agréable rue piétonne.

Nous passons notre première après-midi à Calama à dormir… Rémy avait mal à la tête en arrivant et moi 2h après… serait-ce déjà l’altitude? (2300m “seulement”). On n’y est pas encore au col à 4800m!

Au soir nous profitons du dernier soir de la fête de la musique et allons voir une partie d’un concert de jazz gratuit, sympa!


Santiago

13 avril 2012

On avait juré qu’on n’y mettrait pas les pieds… on a pourtant passé 1 semaine dans la capitale du Chili. Ce qui nous y a amené? Notre recherche de matériel.

Santiago est une grosse ville de plus de 5 million d’habitants, pratiquement 1/3 des habitants du pays vit ici. Nous nous attentions à une ville bruyante, oppressante… nous avons été agréablement surpris. Pour le week end de Pâques, les avenues principales étaient désertes ! Nous en avons profiter pour marcher pas mal et découvrir de très beaux bâtiments au centre ville.  Et puis les rues autour de l”auberge sont bien plus calmes qu’à Valparaiso où nous dormions mal, nous avons pu récupérer.

Cette semaine fut une semaine à courir partout pour rechercher une suspension blocable (trouvée à 17km de l’auberge, la ville est vraiment énorme) puis amener le vélo pour la faire installer et enfin retourner le rechercher, chercher un arceau de remplacement pour la tente, et une carte de la Bolivie (qu’on a pas trouvée). Le plan des bus et métros de la ville n’a plus aucun secret pour nous!

Nous avons été étonnés de voir autant de magasins de vélos vendant des VTT “hauts de gamme” (jusqu’à 5000 euros) tous équipés de suspensions mais ne vendant pas de suspensions “à part”, on a passé une journée complète à parcourir les magasins de vélos avant d’en trouvé un qui avait ce qu’on recherchait. Pour la tente ce fut tout aussi compliqué, trouver des tentes neuves est simple, mais aucun magasin ne pouvait nous vendre d’arceaux de remplacement. C’est finalement sur internet qu’on a trouvé l’adresse d’une dame qui répare les tentes et qui nous a fabriqué l’arceau manquant.

Après une longue pause sans vélo et presque 2 semaines passées en ville, à Valparaiso et Santiago nous avons hâtes de reprendre la route pour ce que nous voyons un peu comme un nouveau départ, vers des contrées bien différentes de celles que nous avons parcourues jusqu’ici.


Valparaiso: la ville aux mille couleurs

5 avril 2012

Ceux qui nous connaissent le savent… les villes ne nous attirent guère… et pourtant Valparaiso figurait en bonne place dans la liste des lieux que nous voulions absolument visiter durant ce voyage! Pourquoi cette ville nous attirait-elle tant?

Valparaiso n’est pas une ville “ordinaire”, ce fut un grand port de commerce très prospère au 19ème siècle, les bateaux du monde entier y faisaient escale, en route vers le canal de Magellan qui était le passage obligé entre le Pacifique et l’Atlantique. De nombreuses marchandises partaient aussi de ce port pour être acheminées vers la Californie lors de la ruée vers l’or. Suite à l’ouverture du canal de Panama en 1914, les activités portuaires ont fortement diminué et la prospérité de la ville a décliné.

Le port de Valparaiso

Mais ce n’est pas son histoire qui rend cette ville à ce point “unique” mais plutôt sa géographie et ses couleurs! La ville est constituée d’une partie plate, le “plan”, et d’une quarantaine de collines, les “cerros” l’entourant, formant une sorte d’amphithéâtre naturel tourné vers le Pacifique. Dans le plan, où se trouve le port, règne toute l’agitation d’une ville ordinaire, avec beaucoup de traffic, de bruit, de commerces…  tout le charme et l’attrait de la ville réside dans ses cerros, bien plus calmes, où il fait bon flâner, qui sont couverts de maison aux couleurs variées. Une trentaine d’ascenseurs (funiculaires) ont été construits afin de rendre les aller-retours entre les cerros et le plan plus aisés pour les habitants. Aujourd’hui la plupart sont à l’arrêt, seuls 4 fonctionnent en ce moment, selon l’office du tourisme. A défaut d’ascenseurs, il faut grimper par les escaliers.

Au milieu des escaliers

« Escaliers ! Aucune ville ne les a répandus, ne les a effeuillés dans son histoire et sur son visage, ne les a dispersés et réunis, comme Valparaiso. Si nous parcourons tous les escaliers de Valparaiso nous aurons fait le tour du monde » (Citation de Pablo Neruda)

Sur un des cerros

Sur un des cerros (remarquez le montage de fils électriques!)

Lors de notre première balade, nous nous sommes rendus au Cerro Bellavista (dont l’ascenseur est à l’arrêt). Sur ce cerro se trouve ce qu’ils appellent le musée à ciel ouvert… de nombreux murs sont couverts de “tags” qui sont ici de véritables oeuvres d’art. Nous apprécions beaucoup ces peintures, qui en fait sont présentes aussi sur les autres cerros. Elles embellissent les rues et rendent les balades plus intéressantes.

Oeuvre située dans le "musée à ciel ouvert"

Même les escaliers peuvent être peints

Sur le Cerro Bellavista, se trouve une des maisons de Pablo Neruda, que l’ont peut visiter avec des audioguides. La visite est vraiment intéressante, la maison est meublée comme elle l’était du vivant de Pablo Neruda. De son fauteuil il avait une vue splendide sur la ville, le port et l’océan!

Maison de Pablo Neruda

Vue depuis son fauteuil!

Notre deuxième escapade dans la ville nous amène au Cerro Conception et à son voisin, le Cerro Allegre. Pour nous rendre sur le Cerro Conception nous empruntons le plus vieil ascenceur de la ville, il date de 1883! Au départ il fonctionnait grâce à un système de contrepoids à vapeur, maintenant il fonctionne à l’électricité. La montée est rapide mais impressionnante.

On croise l'autre cabine dans la montée

Regard vers le bas

Il fait vraiment bon flâner sur les Cerro Conception et Allegre, il y fait calme et ici aussi les peintures sur les murs sont nombreuses.

Sur le Cerro Alegre, nous dénichons un restaurant belge, disposant d’une merveilleuse terrasse. Nous commandons un vol-au-vent frites, des carbonnades flamandes… et je savoure avec plaisir une liefmans à la cerise! Être en ville est aussi pour nous l’occasion de varier un peu plus notre alimentation, ayant quand même souvent eu le même genre de plats depuis 5 mois.

Vol-au-vent frites!


Coquillages et crustacés sur l’île de Chiloé

2 avril 2012

Un nouvel album appelé “Chili – Chiloé” a été créé et contient les photos de notre escapade sur cet île.

Durant notre longue remontée du Chili, nous nous arrêtons une semaine sur l’île de Chiloé, réputée pour sa pluie mais aussi ses églises en bois classées au patrimoine de l’UNESCO et sa gastronomie.

Nous commençons notre visite de l’île sous un superbe ciel bleu, dans les rues bien pentues de la capitale Castro. Une belle balade matinale nous fait découvrir les palafitos, ces maisons de bois, construites sur pilotis le long de la côte. Elles sont en général très colorées, et faites de tuiles de bois plus ou moins travaillées. Parfois on s’interroge un peu sur comment tout ça tient, mais ça tient :-)

palafitos à marée basse

un palafito belge se cache dans cette photo ... saurez vous le découvrir ? ;-)

Nous passons aussi un agréable moment à flâner dans le marché local riches en couleurs, où avocats, pommes de terre colorées et légumes frais en tout genre, côtoient des fruits de mer décortiqués à l’aspect plutôt douteux. J’attendrai un restaurant pour y goûter :-)

le marché

étal de poissons tout frais au marché

vente de vêtements en extérieur

Toute la gastronomie de l’île s’articule autour des poissons (surtout du congre, du saumon et du merlu) et des fruits de mer (moule, clams, crabe, araignée de mer). Le plat le plus typique étant le curanto, un solide assortiment mer-terre composé de moules (parfois énormes !), de clams, de porc fumé, de saucisses, de poulet, de pommes de terre bouillies et d’une ou plusieurs galettes  à base de farine et de pommes de terre, le tout accompagné d’un bon bouillon. Angélique n’aime pas les fruits de mer mais pour ma part, je me suis régalé !

curanto

une moule énorme !

Nous avons aussi beaucoup apprécié le caldillo de congrio, une sorte de soupe copieuse avec de gros morceaux de congre, et le chupe de jaiba ou de centolla, un plat à base de crabe (jaiba) ou d’araignée de mer (centolla).

caldillo de congrio

Les jours de beau temps s’enchaînant, à notre grande surprise, nous avons enfourché nos vélos pour aller jusqu’à Dalcahue, petit village de pêcheurs à une vingtaine de kilomètres de Castro et qui nous a plutôt séduit. Les paysages sont agréables sans être exceptionnels mais sommes ravis de rouler sur du bon goudron par un si beau temps.

en route vers Dalcahue

bord de mer à Dalcahue

Nous avons particulièrement apprécié aller manger à la cocineria, un grand hall couvert, divisés en plusieurs stands, où des femmes très joyeuses et dynamiques, préparent des plats typiques et pas chers pour les locaux. Ambiance chilote garantie !

la cocineria

De Dalcahue, nous sommes allés visiter l’île de Quinchao, notamment pour voir la plus vieille église de Chiloé,  entièrement réalisée en bois. Moi qui aime beaucoup cette matière, je suis toujours admiratif devant tout ce travail de sculpture et de menuiserie. Comme à Castro, nous avons beaucoup aimé ces intérieurs très travaillés, mais avons été un peu déçu par le manque d’entretien des extérieurs (celle de Castro était magnifique il y a quelques années, mais n’a jamais été repeinte et a donc perdu toutes ses couleurs d’origine … dommage).

l'église de Castro

l'église de Castro

l'église de Achao

l'église de Achao (la plus ancienne de l'île)

Durant nos balades en bord de mer, nous avons encore eu la chance de pouvoir observer de nombreux dauphins et quelques loups de mer. C’est toujours très captivant !

De Dalcahue, nous avons ensuite fait marche arrière jusqu’à Castro, pour y prendre un bus jusqu’à Puerto Montt puis Valparaiso.


Cap vers le nord!

25 mars 2012

Une page s’est tournée…

… depuis fin novembre nous avancions toujours dans la même direction, vers le sud, nous ne savions pas où s’arrêterait cette descente… c’est finalement à Punta Arenas, au bord du détroit de Magellan que nous avons décidé de changer de cap… nous allons maintenant filer vers le nord… jusqu’où? Nous ne le savons pas encore!

Mais avant de parler de la suite, revenons sur la semaine qui vient de s’écouler. Il faut bien l’avouer, nous n’avons pas fait grand chose de bien palpitant. Pas de vélo et peu d’activités.

Ange passe...

Nous avons pris un premier bus pour Puerto Natales, où nous avons bien mangé et bu des coktails, dont un au calafate, cette baie que l’on trouve en Patagonie et dont il est dit que celui qui en consomme reviendra en Patagonie… nous voilà donc condamnés à revenir un jour (pour enfin voir des manchots?)

Un calafate sour et un amaretto sour, variantes du traditionnel pisco sour (pisco, jus de citron, sucre, blanc d'oeuf, le pisco étant un alcool de raisin fait au Pérou et au Chili)

De bons coktails dans un cadre agréable

Ceviche (poisson cru mariné avec du citron)... ici en version "améliorée" avec du lait de coco et des mangues... un délice!

Notre QG à Puerto Natales est une bonne pizzeria

Un deuxième bus nous a amené à Punta Arenas où nous avons tenté à 3 reprises d’aller voir les manchots de magellan sur l’ile Magdalena, située dans le détroit de Magellan. Les 2 premières fois l’excursion a été annulée à cause du vent… la troisième fois nous sommes enfin partis! Mais au bout de 40 minutes de navigation, le vent s’est levé (rafales de 120km/h d’après le pilote) et le bateau a fait demi-tour… nous étions forts déçus et nous consolions juste à l’idée d’avoir navigué sur le détroit de Magellan, qui pour moi évoquait cet événement majeur dans le jeu “Magellan”. (Quand tout le monde doit arrêter de jouer normalement le temps d’un tour du monde passant par le détroit qui vient d’être découvert…Eh oui, papa et maman, quelle idée vous avez eu de me laisser jouer à Magellan, globe-trotter, Carmen… ;-) ) Finalement c’est quelque chose de bien plus génial qui a achevé de nous consoler… sur le chemin du retour nous avons eu à deux reprises le plaisir de pouvoir observer, à l’avant du bateau,  des dauphins noirs et blancs nager et sauter en tapant l’eau de la queue pour jouer. Quel bonheur d’avoir pu profiter de ce spectacle!

Il y a eu des inondations à Punta Arenas la semaine avant qu'on arrive...

Sur le détroit de Magellan

Ne dit-on pas jamais 2 sans 3…? Nous avons donc pris un troisième bus, long cette fois! Nous y passons 2 jours et 1 nuit pour remonter jusqu’à l’ile de Chiloe, environ 2000km au nord… à vol d’oiseau mais le bus ne pouvant ni voler ni naviguer le trajet est nettement plus long. En effet, alors que nous allons du Chili au Chili, nous remontons par l’est de l’Argentine et ne repassons la frontière que bien plus au Nord que notre destination finale, Castro (nous faisons d’abord arrêt à Osorno et à Puerto Montt).

Dans le bus

Le premier jour, du matin au soir, nous ne voyons qu’une plate désolation en guise de paysage (et pensons aux quelques rares cocos qui endurent cette partie sur leurs vélos, des centaines de kilomètres plats, ventés et avec une végétation jaunie ne dépassant guère les 20cm de hauteur).

Le lendemain nous nous réveillons à hauteur de Bariloche, les paysages sont nettement plus variés, lacs, montagnes, bois… la journée passe donc plus vite et nous arrivons à Castro, sur l’ile de Chiloe en début de soirée.


Prendre le bus avec un vélo

21 mars 2012

Au risque de passer pour des cyclo-fainéants, nous allons ici faire le point concernant les possibilités de trajets en bus avec nos vélos. Des questions à ce sujet reviennent régulièrement sur les forums et nous pensons que ce post pourra être utile à d’autres voyageurs.

Comme vous avez pu le constater, nous avons souvent pu prendre le bus quand nous le désirions, ce n’est pas toujours simple mais rarement impossible. Mais comment mettre toutes les chances de son côté?

- Parler un minimum l’espagnol afin de pouvoir communiquer au guichet (et d’être mieux vu par le personnel de la compagnie) car souvent on ne nous dit pas oui… on nous dit de venir voir quand le bus arrive et de demander au chauffeur s’il a de la place en soute pour nos vélos. (Nous avons rencontrés des gens ne parlant pas espagnol qui avaient fait tout à vélo parce qu’ils avaient compris à la gare des bus qu’il n’était pas possible de prendre le bus avec un vélo)

- Choisir des bus simple étage, les bus double étage ayant des plus petites soutes pour plus de passagers (on a toutefois pu en prendre un de Parana à Mendoza mais en ayant bien démonté le vélo… et on nous a bien dit à la compagnie que c’était celui-là ou rien, le suivant n’aurait pas de place)

- Lorsqu’il y a plusieurs horaires, demander à quelle heure le bus est généralement le moins rempli

- Le bus arrive généralement bien à l’avance, et nous nous présentons à l’embarquement 15 à 30 minutes avant le départ, afin de ne pas retarder le bus

Nous avons pu faire en bus quasiment tout les trajets que nous souhaitions, il n’y a que sur la carretera australe, pour aller de Cerro Castillo à Puerto Tranquillo que nous n’avons pas trouvé de bus nous acceptant (mais il parait que d’autres y sont arrivés, toutefois les soutes des quelques bus que nous avons vus là-bas nous ont paru minuscules).

Les trajets que nous avons fait en bus sont les suivants:

- Colon – Mendoza: Bus simple étage jusqu’à Parana (Flecha Bus) puis double étage (Andesmar) jusqu’à Mendoza, on avait démonté les vélos. Andesmar facture le vélo au prix “colis” et ça nous a coûté 50% d’un billet passager par vélo (qu’ils ont estimé à 15kg)

- San Rafael – Malargue: Bus simple étage, vélos entiers

- Buta Ranquil – Chos Malal: Bus simple étage, vélos entiers, soutes étroites, le chauffeur était sceptique mais très gentil, il nous a proposé de tenter… et tout est bien rentré dans le bus. Rien à payer pour les vélos

- San Martin de Los Andes – Bariloche: Bus simple étage (Via Bariloche), chauffeur de mauvais poil refusant d’abord sous le prétexte qu’on allait occuper toute sa soute… après négociation (et payement) on a pu embarquer (et avec nos vélos plus les bagages des quelques passagers la soute était encore à moitié vide)

- Bajo Caracoles – El Chalten: Bus simple étage (Chalten Travel), la soute était étroite, on a dû retirer les 2 roues et le siège, les chauffeurs étaient vraiment très gentils et ne nous ont rien fait payer pour les vélos. Caltur fait le même trajet et nous a aussi dit qu’ils acceptaient les vélos et je pense que leurs soutes sont plus spacieuses (mais on a pris le premier bus qui est passé, pour assurer le coup vu qu’ils ne passent que tout les 2 jours)

- El Chalten – El Calafate: Bus simple étage (Taqsa), à nouveau rien à payer et vélos entiers

- El Calafate – Puerto Natales: Bus simple étage (Zaahj), vélos facturés à 50% de prix du billet, on a dû démonter la roue arrière (demande du chauffeur)

- Puerto Natales – Punta Arenas: Bus simple étage (Bus Sur), vélos facturés à 50% de prix du billet, on a dû démonter la roue arrière (demande du chauffeur)

- Punta Arenas – Osorno (à venir): Pas possible avec Bus Sur/Pullman (double étage) mais normalement bien avec Queilen (simple étage), on a nos billets pour vendredi et d’après la dame qui nous les a vendu il n’y a rien à payer pour les vélos.


Le Perito Moreno, un glacier gigantesque!

17 mars 2012

Jeudi nous sommes allés observer ce géant de glace qu’est le Perito Moreno: environ 60m de haut, 5km de front et 30km de long, c’est l’un des rares glaciers qui n’est pas en régression.

Nous l’avons d’abord observé depuis un bateau durant environ 1h et avons eu la chance d’observer le décrochement d’un énorme bloc de glace durant ce temps. Le bloc a complètement disparu sous l’eau avant de remonter lentement à la verticale puis de finalement se coucher pour former un iceberg. C’était impressionnant.

Le glacier vu du bateau

L'énorme bloc de glace venant de se détacher ressort de l'eau

Sur le bateau

Après le tour en bateau nous sommes allés nous balader sur un réseau de passerelles permettant l’observation du glacier et avons encore pu voir 2 décrochement de gros blocs mais cette fois ils explosaient en plein de petits morceaux et nous n’avons donc plus observé d’énormes bouts ressortant de l’eau.

Vue sur le glacier depuis les passerelles les plus hautes

Là où de la glace s’est décrochée la paroi est d’un joli bleu contrastant avec la couleur plutôt blanche du reste du glacier.

On peut voir la zone bleutée d'où un énorme bloc s'est décroché

Durant toute notre observation nous pouvons régulièrement entendre les craquements de ce géant, lorsqu’il se fissure ou que des petits blocs se détachent et nous sommes sur le qui-vive pour ne pas rater le décrochement d’un gros bloc, essayant de deviner quelle partie va se détacher prochainement.

Nous avons préféré la rando que nous avions faite au Fitz Roy mais peut-être le temps y est-il pour beaucoup. L’arrière du glacier était dans les nauges… et nous n’avons pas eu très chaud. Quoiqu’il en soit nous avons passé une très bonne journée, la visite valait clairement le coup!


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