à Freetown

(article écrit à quatre mains)

A minuit, nous jetons l’ancre au large de Freetown pour ne redémarrer qu’au petit matin. Vers 9h, nous arrivons tout prés du port mais nous nous arrêtons de nouveau. Cela nous laisse le temps de regarder le paysage, de faire des photos. On aperçoit déjà des embarcations rudimentaires et téméraires, taillées dans un tronc et propulsées par voile et pagaies, qui slaloment au milieu des cargos.

Nous apercevons aussi de nombreuses mosquées, des bidonvilles tout prés des côtes (sans doute des pêcheurs), de belles collines verdoyantes et des jeunes qui jouent au foot. Il faut dire que Franz est particulièrement vigilant à ce sujet, car il tient absolument à jouer au foot avec les locaux. Ils nous a demandé de venir jouer avec lui, ce que nous avons accepté sans sourciller, sans trop savoir si sa proposition était sérieuse (Précisons que Franz a 68 ans, qu’il fait un bon 35° humide dehors … et qu’il aime plaisanter).

Durant la manoeuvre d’approche du quai, nous étions à côté du poste de pilotage pour voir comment cela se passe. Les pilotes sierra leonais observent loin devant, le commandant est au poste de contrôle à distance côté quai et crie des mots (souvent « fish ship », indiquant qu’un bateau de pêche nous coupe la route) à un officier qui se trouve à la porte de la passerelle. Celui-ci transmet le message en criant à celui qui se trouve sur la passerelle. Celui ci répond par le même chemin. Ici nous avions peu de place sur le quai, la manoeuvre s’est faite à vitesse d’escargot mais très précisemment.

Franz est chaud bouillant pour descendre, alors il nous propose d’aller voir ce qu’il en est. En chemin, on croise plusieurs déléguations sierra leonaises (soit une vingtaine de personnes), toutes bien habillées des vêtements très colorés d’Afrique, qui prennent place dans la salle de réunion. L’entrevue avec le capitaine commence par une engueulade mais le calme revient vite. Il y a dû avoir des soucis lors de l’attente au port, car nous devions arriver à quai bien plus tôt. Nous sommes plutôt surpris par tout ce protocole mais Franz me dit : « That’s Africa ! ».

Après quelques minutes de palabres, nous apprenons que moyennant l’obtention d’une autorisation coûtant 5 euros nous pouvons descendre passer le reste de la journée en ville. Sept des dix passagers (dont nous!) décident de descendre, escortés par un sierra leonais qui nous mène à la sortie du port.

Le dernier bateau à quai transporte du riz « en vrac ». Pas mal de personnes s’affairent autour de ce bateau afin de remplir des sacs de riz de 50kg à l’aide d’une machine, puis de les charger sur les camions.

Une fois hors du port, nous sommes livrés à nous même. Nous trouvons un vendeur de noix de coco à qui nous en prenons deux. Juste après nous, un sierra leonais vient aussi en acheter deux et paie le même prix. Ici, le marchandage n’est pas nécessaire, ici, nous pouvons marcher dans la rue sans nous faire apostropher à tout bout de champs par des vendeurs.

Nous nous sentons rapidement à l’aise dans les rues de Freetown. Certes, la misère y est forte, les habitations souvent rudimentaires (faites de tôles dans les rues secondaires et de briques dans les rues principales), les conditions d’hygiène déplorables, les égouts à ciel ouvert, la circulation intense et bruyante (le klaxon est fort utilisé), mais les gens sont toujours souriants, accueillants, gentils, et finalement, c’est surtout ça que l’on retient et qui nous marque.

Nous marchons dans les villes, au hasard des rues. Nous voyons de plus près les mosquées aperçues depuis le bateau. Nous arrivons dans un vaste espace fait de latérite, oú pas mal de jeunes et très jeunes jouent au foot. Angélique, Franz et moi jouons avec plaisir un quart d’heure avec eux.

Nous continuons ensuite notre route, toujours entourés de nombreux sourire, au rythme des « hello, how are you ? », nous serrons les mains des enfants qui accourent nous dire bonjour. Nous les trouvons très beaus avec leurs sourires accrochés, ils semblent déborder de gaieté. Dans les petites rues, les habitants sont dehors, installés devant leurs maisons.

Partout il y a de tout petits étals de fruits et des corbeilles de poissons séchés. Dans les rues plus importantes il y a des petits commerces vendant « un peu de tout ».

Nous sommes aussi impressionnés par la façon qu’on les gens de porter les choses sur leur tête, et cela s’apprend bien jeune semble-t-il.

Lorsque nous arrivons dans un quartier plus animé nous nous plaisons moins, nous n’aimons pas devoir slalomer entre les gens, sur la route sur laquelle la circulation est dense.
Nous assistons au spectacle du remplissage du taxi-brousse: les gens se contorsionnent pour rentrer par les fenêtres arrières. C’est impressionnant !
Nous trouvons ensuite un café et nous y installons pour goûter la « star », bière locale. Nous apprenons que Heinz vient de subir une tentative de vol. Un jeune lui a pris son portefeuille dans la poche de son short mais il a réussi à attrapper le voleur et celui-ci lui a rendu ses sous.

Après la bière (ou les pour les Allemands), nous prenons le chemin du retour que nous terminerons dans le noir. De retour à l’entrée du port nous achetons des noix de coco, des bananes et buvons à nouveau une bière ensemble.

De nombreux enfants viennent nous voir, se présentent, veulent « être nos amis », nous disent leur prénoms, ages, en quelle années ils sont à l’école, ce qu’ils apprennent, touchent mes cheveux et me font toucher les leurs (Angélique). C’est très sympa mais il fini par être temps de partir, ils sont de plus en plus excités et certains réclament de l’argent. Lorsque nous partons ils chantent. D’abord quelque chose que nous ne connaissons pas et puis « happy birthday ».

On aura vraiment apprécié cette courte escapade à Freetown. A 21h, on se retrouve tous ensemble dans le salon pour manger un bout puis nous nous couchons.

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3 Responses to à Freetown

  1. Rébecca dit :

    Freetown, mon premier pas sur le sol africain, je me rappelle le petit aéroport, la vue sur les mangroves, la chaleur humide qui vous tombe dessus et ce parfum typique de l’Afrique de l’ouest.
    Malheureusement je n’ai rien pu visiter car le pays entrait en guerre civile.

  2. gidebo dit :

    intéressante cet instantané de la vie sierra léonaise…ca semble tellement loin de nos petits problèmes d’européens nantis

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