Contemplations au sud du lac General Carrera

14/02: Cerro Castillo – Puerto Ibañez (40km)
15/02: Puerto Ibañez – 10 km après Chile Chico (bateau +10km)
16/02: 10 km après Chile Chico – camping sauvage (30km)
17/02: camping sauvage – camping sauvage (25km)
18/02: camping sauvage – Puerto Guadal (42km)

Tout juste revenus de leur chevauchée épique à travers forêts et glaciers andins, Angélique et Rémy reprennent leur monture pour de nouvelles aventures. Ayant eu vent d’une contrée lointaine oú de vertigineux chemins de pierre cotoient de terribles montées abruptes et oú l’eau se fait aussi rare que les habitants, ils décidèrent ni une ni deux, d’aller explorer cette mystérieuse région. Tels deux chevaux au galop ils filèrent en direction du bateau qui les mènerait à bon port…

Bon d’accord, ça c’est la version aventuriers téméraires de conte pour enfants. La réalité est bien moins flateuse. Après quelques jours de repos à Cerro Castillo, tentant en vain de prendre un bus pour Puerto Tranquillo, nous nous sommes décidés à partir dans l’autre sens, vers Puerto Ibañez, pour quitter le Chili par la petite porte et prendre un bus en Argentine pour rejoindre El Chaltén.

Outre le fait de profiter d’une superbe route asphaltée jusqu’à Puerto Ibañez, nous roulons vent dans le dos, et filons facilement jusqu’aux abords du lac General Carrera, à travers un décor beaucoup plus aride que ce que nous avions vu précédement au Chili. La descente sur le lac est superbe, le bleu turquoise de l’eau se mélant parfaitement aux couleurs ocres des montagnes. Après plusieurs jours de lassitude, nous retrouvons un grand plaisir à rouler dans un tel décor.

Nous prenons le ferry le lendemain matin à 9h, pour 2h00 de traversée jusqu’à Chile Chico. Nous discutons un peu plus avec Régine et Michel, un couple de français que nous avions rencontré la veille à un mirador le long de la route. Comme plusieurs personnes nous l’ont déjà dit, eux aussi nous disent avoir préféré le sud de la carretera austral au nord. Une idée commence à germer dans nos têtes. Et si nous longions le sud du lac pour continuer la carretera austral ? Nous savons que cette route n’est pas facile (tous les cyclotouristes rencontrés nous l’ont déconseillé) mais nous ne voulons pas avoir de regrets dans quelques mois en ayant quitter le Chili un peu trop tôt.

Arrivés à Chile Chico, nous cherchons un camping. Nous avons le choix entre un camping oú une bonne dizaine de tentes sont entassées en plein soleil avec sanitaire pas propre, et un camping exigü sans eau chaude. Il ne nous faut longtemps pour décider de prendre la route le soir même et trouver un joli coin de camping sauvage, on y sera bien mieux que dans ces deux campings!

Nous mangeons une bonne pizza (ça faisait longtemps!), nous achetons quelques provisions et en route ! On roule presque 2 heures, on ne fait que monter mais on est tout content car il fait très beau et que les paysages sont très différents d’avant.

On retrouve un peu la sécheresse et la végétation rase du côté argentin. Le ripio est en plus très bon, ce qui nous surprend et nous ravis. Au bout de 10km, on trouve un coin très agréable pour camper à l’écart de la route. Une bien belle journée !

Les jours suivants se ressemblent fortement. Nous nous réveillons par un beau ciel bleu devant de sublimes paysages et nous continuons notre chemin, les cuisses de plus en plus meurtries par tant de raidillons que nous maudissons, mais tellement heureux de retrouver le lac, ses superbes sommets enneigés et ses glaciers en haut de chaque côte. Chaque colline franchie nous montre une nouvelle facette de cette étendue d’eau turquoise qui nous fascine. D’abord quelques laquettes prisonnières des montagnes, puis de hautes falaises escarpées, des côtes verdoyantes élégamment découpées et enfin de belles plages de sable gris.

Après 4 jours aussi fabuleux que difficile, nous sommes arrivés à Puerto Guadal, petit village en bord de lac, pour un peu de repos bien mérité. Avec un peu de recul, on se dit que ce passage fût certainement plus difficile que la route que nous avons évité entre Cerro Castillo et Puerto Tranquillo, mais nous ne le regrettons pas car c’est pour l’instant et sans aucun doute la plus belle partie de notre voyage à vélo.

Publicités

4 Responses to Contemplations au sud du lac General Carrera

  1. gidebo dit :

    Surtout ne rien regretter, quitte à en baver, et s’apercevoir après coup que l’aventure a bien fait d’être tentée. Là vous étiez dans ce cas de figure, et vous avez carrément bien fait de réviser vos plans pour partir sur cette route.

    Qu’est-ce que c’est beau !!!

    • remy dit :

      oui, tu as bien raison mais quand c’est vraiment dur c’est pas facile de trouver la motivation. Dans ces moments là, je pense souvent à notre passage dans le Connemara 😉

  2. marie odile dit :

    salut c est marie odile du camping a cerro, bon je suis bien contente que vous ayez decide de continuer l aventure de la carreterra austral, je vous l avez dit que ca valait le coup,
    bonne route a vous

    ciao

    • Ange dit :

      Merci, effectivement ça valait le coup, ça aurait été dommage de rater des paysages aussi splendides! (même si par moment le ripio et le relief nous découragent)
      Bonne route à vous aussi, vous partez d’ici peu si les plans n’ont pas changé il me semble. (A moins que trop compliqué tant que la situation est bloquée… pour nous pas de bateau à Villa O Higgins jusqu’à nouvel ordre mais on a encore du chemin d’ici là).
      On pense toujours être entre mi et fin avril à Valparaiso, tenez-nous au courant!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :