200km au milieu des guanacos

Etant donné la lenteur de la connexion dont nous disposons ici, nous ne pouvons insérer des photos dans l’article. Elles sont disponibles dans les albums « Chili Carretera Australe » pour la partie avant la frontière et dans « Argentine Patagonie » pour la suite.

Un autre article devrait paraître très prochainement (aujourd’hui?) avec la suite de notre trajet jusqu’à El Chalten où nous sommes actuellement.

2 mars: Cochrane – Camping sauvage (29km)

Nous quittons Cochrane vers midi, pas plus motivés que ça par la route qui nous attend mais bien obligés car nous n’avons pas la moindre idée de quand le mouvement de protestation prendra fin ici.  Cette route, c’est notre seule porte de sortie vers l’Argentine voisine.

Nous devons d’abord reparcourir 17km vers le Nord, déjà parcourus une première fois, ils nous semblent plus faciles qu’à l’aller à part une sacrée côté sur la fin. Nous prenons ensuite plein est, la route qui traverse le parc Valle Chacabuco en direction de la frontière et là que de raidillons, c’est usant physiquement et mentalement… surtout quand on pense que nous avons au total 200km à parcourir avant le premier village!

On apprécie par contre la présence de nombreux guanacos, on aime beaucoup observer ces animaux que nous trouvons très élégants dans leur démarche. Ils sont très curieux aussi, souvent, tant que l’on pédale, toutes les têtes sont tournées vers nous.

Vers 18h on trouve un endroit un peu abrité du vent pour planter la tente… et il se met à pleuvoir dès qu’on est bien à l’abris dans notre maison de toile, on se félicite du timing.

3 mars: Camping sauvage – Camping sauvage (27km)

Il a plu toute la nuit et il pleut toujours lorsqu’on se réveille, on n’a pas envie de bouger… mais a-t-on vraiment le choix? Il nous reste environ 170km avant le premier village Argentin et nos réserves de nourriture ne sont pas illimitées. Nous reprenons donc la route, après avoir hésité tout de même.

Nous commençons donc l’étape sous la pluie et attaquons tout de suite de sacrés raidillons, dans lesquels on doit souvent pousser, ça nous semble horriblement difficile, on n’en a déjà ras-le-bol, au point d’en avoir envie de pleurer par moments. Rémy a mal aux genoux, moi c’est derrière le genou qu’une douleur apparait. Dur dur!

Heureusement la route fini par s’aplatir un peu et être plus praticable… et on voit des centaines de guanacos toujours aussi beaux, puis un envol de flamands roses devant lequel on s’extasie, c’est tellement beau! Le moral revient un peu, on se dit que si on n’était pas venus par ici on n’aurait pas eu la chance de voir tout ça (mais en gardant toujours en tête tous les efforts nous restant à fournir avant un retour à la civilisation).

On se pose tôt car on trouve un endroit abrité du vent (qui souffle très fort) et le long de la rivière (–> possibilité de se laver un minimum à la bassine, l’eau est trop froide pour s’y tremper) et on ne sait pas si une telle occasion se représentera dans les kilomètres qui suivent… et puis vu la route qui nous reste il ne faudrait pas qu’on se grille en fournissant trop d’efforts les premiers jours. Rémy en a profité pour s’essayer à la pêche, sans grand succès.

4 mars: Camping sauvage  – Douane Argentine (36km)

Le vent a tourné en soirée et la tente a finalement « claqué » la première moitié de la nuit… jusqu’à ce qu’il se mette à bien dracher (= doucher pour les français ;-)), au point d’avoir un peu d’eau dans la tente. Inutile de vous dire qu’on a pas terriblement bien dormi.

On plie la tente sous la pluie mais le soleil et le ciel bleu reviennent bien vite. La route est quasiment plate (léger faux plat montant) mais le ripio étant très pourri on n’avance guère à plus de 6-7km/h.

Nous arrivons cependant sans trop de difficultés à la douane chilienne où les formalités sont très vite expédiées. Point d’attente ici… seuls 2 véhicules y sont passés sur toute la journée! Nous quittons la douane dans un paysages superbe, des montagnes enneigées et acérées sur notre gauche et en face de nous alors que sur notre droite nous avons de vieilles montagnes dans des tons rouges resplendissantes au soleil.

Il nous reste ensuite 11km jusqu’à la douane argentine, que nous effectuerons sous un temps capricieux. En très peu de temps, sous l’influence d’un vent glacial, le beau ciel bleu s’est entièrement couvert, nous masquant toutes les montagnes, et une pluie, tout aussi froide, s’est mise à tomber, nous obligeant à sortir les vêtements de pluie et les gants.

Ce mauvais temps ne fut que de courte durée et nous avons eu ensuite de nouveau la chance de voir de nombreux flamands roses (et d’en voir s’envoler, ce qui est encore plus beau!) dans un lac puis un tatou sur la route.

Arrivés au poste de douane argentin, nous faisons tamponner nos passeports tout en discutant avec un des gendarmes qui nous demande où nous allons aujourd’hui… nous lui demandons s’il est possible de camper là… et il nous propose une pièce vide pour que nous soyons à l’abris du vent. Nous y montons la tente avec plaisir (il nous a prévenu de la présence de rats et je me souviens de l’expérience du réveil avec une limace dans les cheveux… pas envie que ce soit cette fois avec des rats qui me courent sur la tête!).

Lorsque je vais demander de l’eau chaude pour la soupe le même gendarme me dit qu’on peut venir regarder le foot à la télé, prendre le maté et/ou cuisiner dans leur bâtiment, vraiment très sympa! Nous irons donc cuisiner là et en profiterons pour discuter un peu. En ce moment ils vivent là à cinq. Ils passent 30 jours dans un poste de douane, ont ensuite 5 jours de congé puis retravaillent dans leur ville 2-3 mois avant de repartir dans un poste de douane (pas toujours le même).

La nuit nous entendons le vent siffler dehors, il a l’air vraiment terrible! Nous sommes heureux d’avoir pu monter la tente à l’intérieur et de pouvoir y passer une bonne nuit.

5 mars: Douane Argentine – Camping sauvage (50km)
6mars: Camping sauvage  – Bajo Caracoles (42km vélo + 16km pick up)

Il semblerait que la route que nous souhaitions prendre, en plus de monter dans les montagnes, soit complètement boueuse à cause des pluies des derniers jours. Il est, de plus, difficile d’obtenir des informations concernant la possibilité de ravitaillement en eau. Nous décidons donc de changer de plan et filer plein est vers Bajo Caracoles, un peu à regret car la route est parait-il très belle et au village à l’arrivée on était sûrs de trouver un distributeur de billets et des bus (et à défaut on n’est plus qu’à 60km de goudron bien orienté par rapport au vent) alors qu’à Bajo Caracoles on s’attend à devoir faire du stop ou devoir parcourir encore 130km de piste supplémentaire avec un vent latéral costaud (un mec en tricycle s’est retourné plusieurs fois à cause du vent sur cette route…)

Nous quittons donc la douane, contents d’être arrivés en Argentine et de savoir que dans 2-3 jours on devrait être dans un village nous permettant de nous ravitailler… mais avec dans la tête l’idée qu’on n’y sera peut-être pas au bout de nos peines.

Nous avons quelques côtes un peu raides le premier jour mais la route est globalement bien plus facile et le vent d’ouest nous pousse. Nous retrouvons le plaisir de pédaler dans ces superbes paysages, parmi les animaux. Nous apprécions toujours autant la vue des guanaco et flamands roses et avons plusieurs fois l’occasion d’observer un groupe de magnifiques chevaux (sauvages?) partant au galop, majestueux! Nous apercevons aussi de temps à autre des nandous, mais ils sont beaucoup plus froussards et nous n’arrivons pas à les approcher suffisamment pour les photographier. Nous voyons aussi un renard gris courant loin devant.

Plus nous nous approchons de Bajo Caracoles, plus le paysage s’aplatit, on arrive dans cette pampa ventée qu’est la majeure partie de la Patagonie Argentine. Nous apprécions d’y rouler une petite journée… mais il est clair que nous ne voulons pas parcourir les quelques centaines de kilomètres qui nous mèneraient à El Chalten à vélo, avec ce vent qui serait latéral dans le meilleur des cas et de face sur les 100 derniers km, sans même le plaisir d’un paysage varié pour nous divertir!

Lorsque nous arrivons à l’embranchement vers Bajo Caracoles, la route que nous devons prendre est coupée, nous devons donc prendre l’autre route, ce qui nous fait un détour de 7-8km. Nous parcourons les 10 kilomètres de cette branche qui nous amène sur la route 40 comme l’autre mais plus au nord… puis nous arrêtons un peu au croisement. Notre but n’est pas Bajo Caracoles mais El Chalten… et pour y arriver il nous faudra prendre un bus ou faire du stop, un pick-up arrive, nous tentons donc notre chance. Super, il s’arrête et nous demande où on va. Ma réponse est simple: « dans n’importe quel village où on peut prendre un bus! ». Il nous dit qu’il y a des bus qui passent à Bajo Caracoles et nous propose de nous y emmener. On charge les vélos, puis on demande s’il a quelque chose pour les attacher… non, il faut qu’un de nous monte à l’arrière pour tenir les vélos. On décide d’y aller tout les deux, afin de n’avoir qu’un vélo à tenir chacun et on parcourt donc les 16 derniers km à l’arrière du pick-up. On a un peu d’appréhension avant le démarrage mais c’est très stable, les vélos ne bougent pas d’un iota et nous non plus. On a trouvé ça très amusant.

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6 Responses to 200km au milieu des guanacos

  1. Laurence dit :

    Comment y a-t-il déjà des dates d’avril?

    • pascale rodrique dit :

      Je crois qu’ils pédalent dans la choucroute !

    • Ange dit :

      Voilà, c’est corrigé. J’avais écrit avril partout lorsque j’avais rédigé le texte hors ligne puis j’ai copié collé sur le blog en corrigeant… et il semble que j’aie du faire un 2ème copier coller à la suite, avec le même texte mais les dates d’avril.

  2. Parrain et Tantine dit :

    Aaahhh, je pensais qu’avec la frontière, ils avaient aussi passé un fuseau horaire 😉 , quant à la choucroute, il me semble qu’elle n’est plus au menu depuis quelque temps 🙂

    • Ange dit :

      C’est pas bientôt fini de parler de choucroute? Effectivement elle n’est plus au menu depuis longtemps… et à priori pas avant longtemps! (Enfin on profite ici, à El Chalten, on a retrouvé plein de bonnes choses! Bières, chocolat et glaces, le tout fait artisanalement ainsi que de bons petits plats plus variés que ces derniers temps)

  3. Parrain et Tantine dit :

    Au fait, sympa les douaniers ! C’est pas du « Poelvoorde » 🙂 ; il y aurait plus des airs de « 7ème compagnie au clair de lune » :-). Bonne route !

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