Potosi, ville la plus haute du monde!

Plus de photos de la ville (pas forcément en rapport avec l’article) dans l’album, notamment des photos des « machines » dans l’hôtel de la monnaie, des momies, un défilé costumé, une pierre semi-précieuse présente uniquement en Bolivie (la bolivianite)…

Potosi, 4090m d’altitude, est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde, plus haute que Lhassa! On y est resté une petite semaine, le temps de se reposer, de découvrir la ville… puis de laisser passer une légère tourista.

Une rue…

Une place…

Potosi est une très jolie ville coloniale, il est agréable de s’y balader. La ville est animée et à l’heure de la sortie des cours il n’est pas facile de déplacer, de nombreux mini-bus et piétons engorgeant les rues étroites et les trottoirs tout aussi étroits. Il y a sûrement des supermarchés mais dans le centre on n’en a pas vu, on achète tout ce dont on a besoin au marché central ou dans sur des étals en rue.

Vendeuse en rue

Vendeur de jus d’orange

Mamitas

Un peu d’histoire…

L’histoire de la ville est fortement liée à la montagne voisine, le Cerro Rico (montagne riche). Le dernier inca avait découvert que cette montagne contenait de l’argent mais il a interprété une explosion qui y est survenue comme étant un signal de la pachamama (terre mère) lui indiquant qu’il ne fallait pas l’exploiter.

Le Cerro Rico surplombant la ville

La nouvelle de la présence du précieux minerai est cependant arrivée aux espagnols qui n’avaient que faire de ce signal. Ils ont créé la ville de Potosi en 1545 pour exploiter la montagne. La ville fut très prospère durant environ 2,5 siècles et l’argent extrait était vital pour l’Espagne alors fortement endettée.

Des millions d’indiens et des esclaves africains sont morts dans les mines dans des conditions atroces… bien évidement ce n’est pas les colonisateurs qui extrayaient eux-même l’argent!

On dit qu’il y a tant d’argent qui a été extrait de la mine qu’on aurait pu construite un pont en argent pour relier Potosi à l’Espagne et avoir encore suffisamment du précieux minerai à transporter par ce pont!

Au 19ème siècle, le plus gros de l’argent a été extrait et la ville décline.

Aujourd’hui les mines sont toujours exploitées, par des coopératives appartement aux mineurs dans des conditions de sécurité désastreuses, qui n’ont guère changé depuis la colonisation.

A quoi reconnait-on une église espagnole ou indigène à Potosi?

Cette précision qui nous a été faite lors d’une visite nous a marqué, elle est profondément liée à l’histoire de la ville.

Les églises des Indiens tournent le dos au Cerro Rico qu’ils ne voulaient voir car c’était la source de leurs souffrances alors que celles des Espagnols sont tournées vers lui… la source de leur richesse!

Visite du Couvent de Santa Teresa (écrit par Rémy)

Je n’ai pas visité beaucoup de couvents dans ma vie, mais cette visite du couvent de Santa Teresa m’a particulièrement marqué tant la vie des soeurs y était rude (d’ailleurs, j’en ai parlé à tous les touristes que l’on a rencontré par la suite :D).

Un cloitre du couvent

A l’époque de la colonisation, il était d’usage pour les familles riches que la seconde fille rentre au couvent. En échange, la famille devait verser une somme rondelette, qui n’était pas du tout destiné à la bonne vie des soeurs au sein du couvent mais à l’achat ou à la fabrication de tout un tas d’objets d’art religieux.

Scène de l’adieu à la famille

Une fois entrée au couvent, la fille n’avait plus le droit d’en sortir ni de voir aucune personne extérieure au couvent. Les contacts avec la famille se faisaient derrière un rideau noir ne laissant passer que les voix, et les contacts avec le monde extérieur (notamment la vente de leur artisanat et l’achat de nourriture) se faisait via un tourniquet en bois complètement opaque lui aussi (comme on peut en voir dans les postes pour faire passer les colis). Les soeurs pouvaient assister à la messe mais bien cachées derrière un panneau en bois dans lequel s’ouvrait une petite trappe pour leur donner la communion.

Chaque soeur disposait d’une chambre individuelle très rudimentaire (un lit sans matelas, un petit pupitre pour prier et une jarre pour se laver, rien de plus) et extrêmement froide. Du coup, elles étaient souvent malades, et parfois gravement, mais c’était bénéfique pour elles car plus elles souffraient mieux elles servaient leur seigneur. Dans la salle de récréation (oui oui, elle s’appelait bien comme ça), elles utilisaient des silices, et elles avaient le droit de parler pendant 2 heures. Le reste du temps, silence total !

Chambre

Pour les repas, toujours dans une pièce excessivement froide, elles avaient le plaisir de manger à côté d’un saladier rempli de cendres recouvertes d’un crâne humain, pour leur rappeler qu’on venait tous de la poussière et qu’on y retournerait tous.

Le repas se prenait en charmante compagnie

Le reste du temps, elles fabriquaient toutes sortes d’objets (notamment en argent) vendus ensuite pour le bien de l’Eglise ou elles confectionnaient des habits avec des fils précieux (argent, or, soie), destinés à vêtir figurines religieuses (en Amérique du Sud, les figurines religieuses sont très souvent vêtues de très beaux habits).

Quelle vie ! Et qui n’est même pas choisie mais imposée par l’ordre de naissance … Incroyable ! Aujourd’hui, ça n’a plus rien à voir. Les soeurs ont un nouveau couvent, elle tchattent sur facebook et elles jouent à Quake en réseau 😉

Autres visites (écrit par Rémy)

Nous avons aussi visité le couvent de San Francisco (un couvent franciscain) et durant la visite, nous avons appris que la vie à la même époque y était bien plus agréable (Enfin, ça ne devait pas rigoler tous les jours non plus). Par exemple, les moines franciscains choisissaient d’entrer au monastère. Le couvent de Santa Teresa était le couvent le plus strict de Potosi.

Sur le toit du couvent

Puis nous avons visité l’hôtel de la monnaie, énorme ensemble de bâtiments qui s’étend sur 7500m² et où les pièces d’argent étaient frappées pour le royaume d’Espagne du temps de la colonisation, puis pour la Bolivie jusqu’au milieu du 20ème siècle. Aujourd’hui, les pièces boliviennes sont fabriquées dans des matériaux bien moins chers au Chili, et les billets sont imprimés … en France, pour avoir de meilleures sécurités contre la contrefaçon.

Entrée de l’hôtel de la monnaie

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2 Responses to Potosi, ville la plus haute du monde!

  1. Diane dit :

    C’est triste l’histoire du couvent. Et donc quand elle mourrait, c’était une bénédiction car elle rejoignait Dieu et donc plus tôt tu mourrais et plutôt c’est mieux pour ton âme?!

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