Potosi – Sucre: à la découverte de la Bolivie rurale

Les photos sont en-dessous de l’article, il n’y en a pas plus dans l’album

Potosi – Villa Carmen, 66km
Villa Carmen – Yotala, 70km
Yotala (repos)
Yotala – Sucre, 18km

1ere étape : Potosi – Villa Carmen

Après deux jours patraque, Angélique se sent à nouveau bien. Nous pouvons donc quitter la ville et partir à la découverte des petits villages boliviens.

La sortie de Potosi est assez sportive, nous avons droit à une montée très raide qui nous rappelle combien il est difficile de faire de gros efforts à plus de 4000m d’altitude. Mais une fois sortis de la ville, nous descendons toute la matinée, pratiquement jusqu’au premier village, où nous déjeunons.

Des matinées comme celle là, on en redemande ! Les gens des campagnes nous saluent souvent, les véhicules sont respectueux, et les paysages nous changent pas mal de ce qu’on a l’habitude de voir. Peu à peu, la végétation refait son apparition, les oiseaux chantent et il fait bon. Nous sommes toutefois assez surpris de voir autant de déchets le long des routes, quand on sait que la grande majorité des boliviens vénèrent la Pachamama (la Terre mère) au quotidien et à travers de nombreuses cérémonies.

Dans l’après-midi, à notre plus grande surprise, on continue de descendre majoritairement. Vers 16h, on commence à chercher un endroit pour dormir dans un village, mais il nous faudra batailler jusqu’à 17h30 et rallier le village suivant pour finalement être hébergé très gentiment dans le centre de santé.

2ème étape : Villa Carmen – Yotala

Ayant prévu 4 jours pour rejoindre Sucre, nous comptons seulement rouler une trentaine de kilomètres jusqu’à Millares puis en profiter pour flâner dans le village et discuter avec les gens. En plus, Angélique est encore patraque des intestins, cela lui fera du bien. Mais comme souvent en voyage à vélo, l’étape d’aujourd’hui ne va pas se passer comme prévu, mais alors pas du tout …

Après quelques discussions bien matinales, nous quittons les adorables boliviens du centre de santé en direction de Millares. Rapidement, nous sommes rejoins par un petit groupe de 5 gamins qui vont à l’école à vélo. Enfin, il y’en a une qui n’a pas de vélo alors tantôt elle court à côté du groupe, tantôt elle se fait porter sur le vélo de sa grande soeur. Elle a la forme ! Comme beaucoup de boliviens, ces gamins sont curieux par leur regard mais très peu locaces. Du coup, je leur pose tout pleins de questions pour entretenir la conversion. On apprend par exemple qu’il n’ont cours que de 9h à 14h. L’aprés-midi est consacré au travail avec leur famille (pour les plus grands sans doute). Ils sont 52 enfants, tous regroupés dans la même classe. Espérons que l’instituteur sache se faire entendre 🙂 En tout cas, ils sont tous contents d’aller à l’école ! On roule comme ça sur 5 kilomètres, c’est très agréable pour commencer la journée.

Nous roulons 3 petites heures, dans un décor qui change de plus en plus au fur et à mesure que l’on perd de l’altitude. On retrouve des arbres et les oiseaux qui vont avec, on aperçoit à nouveau des cactus et des aloe vera, plusieurs boliviens travaillent dans les champs de quinoa, c’est plus vivant qu’au dessus de 4000m !

A midi nous sommes à Millares et nous en profitons pour nous régaler de deux bons petits plats boliviens. Angélique n’est toujours pas dans son assiette, elle doit courir deux fois à la toilette pendant le repas. Cependant, on se demande si on va rester ici pour la nuit ou si on va avancer un peu plus pour arriver tôt à Yotala demain. Il faut avouer que depuis que Sandrine et Vincent (deux cyclistes rencontrés au Chili) ont parlé sur leur blog d’un superbe logement à Yotala avec piscine et toboggan, on rêve d’y arriver suffisamment tôt pour en profiter. Je laisse Angélique prendre la décision en fonction de comment elle se sent. Pendant ce temps, je demande des infos sur la suite de la route. Il y a un premier village à 9km, avec une montée et une descente, puis un autre 9km plus loin et c’est plat. Il est 14h, c’est jouable !

Nous passons le premier village 50 minutes plus tard, on avance bien ! Malgré quelques dérangements intestinaux supplémentaires, Angélique veut continuer jusqu’au second village, comme ça il ne nous restera plus que 18km jusqu’à Yotala.

C’est alors que nous découvrons que les 9km de plat qui nous attendent sont en fait 18km de montée non stop. D’ailleurs, après les 9 premiers kilomètres, nous commençons à douter fortement de l’existence de ce fameux village malgré tous les gens rencontrés qui ne cesse de nous dire : « juste un peu après ». Il est 18h, la nuit tombe, quand nous arrivons à Pulqui, minuscule hameau. On aperçoit l’école haut perchée et un homme à côté. J’entame les négociations :

moi : Bonjour, pensez vous qu’on puisse dormir dans l’école s’il vous plait car la nuit tombe ?
Le monsieur : Je n’ai pas les clés.
moi : Peut être peut-on dormir ailleurs alors ?
Le monsieur : Non.
moi : Comment est la route jusqu’à Yotala ?
Le monsieur : 2km de montée puis tout en descente. 15km en tout ! (d’après nos calculs, c’est 12km).

Rapide concertation : tentons le diable, allons jusqu’à Yotala !

Nous grimpons une demie heure de plus pour gravir les 2km puis nous sortons nos frontales car nous n’y voyons plus rien. Le trafic n’est pas très important mais comme les bas-côtés sont à peu prés goudronnés et que nous ne sommes éclairés que de nos frontales et des réflecteurs des sacoches arrières, je nous impose de rouler sur ces bas-cotés, même si Angélique n’est pas d’accord. Malheureusement, rapidement le goudron laisse place au gravier, puis aux gros cailloux, aux trous, à l’herbe et à tout un tas d’obstacles que nous ne voyons pas bien avec nos frontales. Angélique ne se sent pas à l’aise, alors elle alterne poussage du vélo, descente assise sur le vélo, les pieds au sol, et descente couchée sur le vélo. Nous avançons doucement, mais nous avançons.

Il fait maintenant nuit noire. Dès que nous approchons d’une maison isolée, nous entendons les aboiements des chiens dont nous apercevons parfois les yeux verts brillants. Ce n’est pas vraiment rassurant quand on sait qu’en pleine journée certains se délecteraient volontiers de nos mollets si nous ne les faisions pas fuir par quelques cris ou menace de cailloux. Autre petit détail qui a son importance : le GPS d’Angélique ne marche plus, et comme il nous servait de compteur, nous n’avons aucune idée de notre avancement.

L’heure défile : 18h30, 19h, 19h30, quand soudain, le frein avant d’Angélique fait un drôle de bruit. Je regarde à la frontale, mais je ne vois rien de louche … Malheureusement, elle ne peut plus rouler en utilisant ce frein, on doit le désserrer au maximum pour que la roue tourne bien. Par chance, on est juste à côté d’une maison isolée. On demande si on peut planter la tente ici car on a un problème au vélo, mais le monsieur ne semble pas vraiment enchanté. Sa femme nous dit que Yotala est à 2km d’ici, 30 minutes en marchant. Bizarre, on pensait que c’était plutôt à 7km.

Aller, un dernier petit effort. Angélique pousse maintenant son vélo dans le gravier grossier, pendant que je suis derrière sur le vélo. Quand un côté de la route devient impraticable, on passe de l’autre côté. L’heure continue de défiler et toujours aucun village en vue. Une borne kilométrique nous indique que nous avons déjà parcouru 4km depuis la maison… La route se met à monter. Je prends donc de l’avance avec le vélo pour venir aider Angélique à pousser le vélo, car elle commence à être bien épuisée. En haut de la côte, nous en sommes à 6km depuis la maison … mais nous apercevons des lumières !

A 21h, nous sommes en bas de la descente (soit 7km après la maison),
et après discussions avec une dame, nous apprenons que nous sommes à Toconoa mais qu’il n’y a pas de logement ici. Mais Yotala n’est plus qu’à 2km par une route éclairée et en descente. Pfiou, quelle journée ! J’en profite pour demander à cette dame si elle sait ou est l’hébergement avec piscine et toboggan mais elle ne connait pas. A cet instant, on n’y croit plus, et on est prêt à se rabattre sur n’importe quel logement, tant on en peut plus.

Nous empruntons donc cette route goudronnée éclairée, et au bout d’un petit kilomètre, on tombe sur ce fameux logement ! Après quelques négociations (un homme nous dit d’abord qu’il faut acheter un ticket à Sucre, la prochaine ville qui est à 18km …), on entre dans notre chambre, il est 21h30. Youhou !

Chapeau à Angélique qui, malgré sa turista et son frein avant défaillant, à tenu le coup jusqu’ici. On a bien mérité une journée glandouille au bord de la piscine ! 😀 (On profite bien du jardin… mais pas le la piscine dont l’eau est glaciale!)

3ème étape : Yotala – Sucre

Après avoir couru 6 fois à la toilette en 1h30 (la tourista est de retour…), Angélique ne se sent vraiment pas d’attaque pour les 18km de côte qui restent pour rejoindre Sucre. On arrête un micro (petit bus qui parcourt de courtes distances, les passagers y étant entassés sur d’étroites banquettes), on hisse les vélos et sacoches sur le toit et c’est à bord de ce véhicule qu’on rejoint la ville.

Publicités

One Response to Potosi – Sucre: à la découverte de la Bolivie rurale

  1. gidebo dit :

    et ben, quelle aventure !!! ca c’est de la bonne galère qui va bien !!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :