Notre neveu bolivien…

Publication depuis un cybercafé. Les photos sont dans l’album « Bolivie Oriente »

Je suis désolée pour le manque d’espace entre les paragraphes dans tous les articles d’aujourd’hui, j’ai beau les mettre ils ne passent pas. J’espère que vous aurez quand même le courage de lire sans photos ni espaces dans le texte.

Notre hôte à Chochis s’appelle Lely, elle a 44 ans et est maman de 6 enfants! Seules 2 de ses filles vivent encore avec elle. La plus jeune, Nilsen, a 13 ans. L’autre, Lorena, a 20 ans et est déjà maman de 2 enfants (Violena, 5 ans et Chongui, 3 ans) et vit là avec son mari et les enfants. La maison au sol en béton, est très rustique. Il peut y avoir des excréments d’animaux à l’intérieur et la salle de bain n’a pas dû être nettoyée depuis des années (si elle l’a été un jour). Ils n’ont quasi rien, pas d’eau chaude dans la douche… mais une télévision moderne avec toutes les chaines et des DVD… chacun ses priorités.
Après s’être un peu reposé dans le salon, étonnés de voir qu’ils regardent un film sanglant alors que les enfants sont présents, on part faire les courses au village pour le souper. On propose de payer les courses. A partir de là, Lorena, pas très maline et plus intéressée par notre porte-monnaie que par nous, ne nous parlera quasi plus que pour nous demander si on ne veut pas acheter ceci ou celà ou si je n’ai pas une 2ème casquette comme la mienne à lui donner!

Au soir, après un bon repas simple cuisiné par Lely (oeuf, riz, mais et frites), on discute à 4, avec Nilsen et Lely. On passe une soirée agréable en leur compagnie. Elles sont à la fois curieuses de savoir comment on vit et pas avares d’informations quant à la vie locale. On apprend ainsi qu’il est normal ici de se marier très jeune, dès qu’on est avec quelqu’un depuis 1 mois. Ainsi beaucoup de femmes sont déjà mères vers 15-16 ans.
Nous ne voyons guère les maris de Lely et de Lorena. Ce dernier s’installe devant la télévision dès qu’il est rentré… et, tout comme sa femme, il semble bien plus intéressé par le petit écran que par ses enfants.
Le lendemain, lorsque nous nous levons, nous sommes surpris de voir que Nilsen et Violena ne sont pas parties à l’école. Selon Lely il faisait trop froid (environ 10 degrés le matin), selon Nilsen son professeur n’était pas là… selon nous, Nilsen a brossé car elle avait envie de venir avec nous au sanctuaire.
Nous passons la matinée avec la jeune fille très bavarde et très curieuse. Elle parle tellement vite qu’on ne comprend pas tout mais on passe un bon moment ensemble. La balade est très jolie, les vues sur la région sont vraiment magnifique. On fait le tour du « cerro » rouge qui domine le village, nous sommes impressionés de voir que Nilsen n’a aucun mal avec ses claquettes alors que nous sommes bien contents d’avoir de bonnes chaussures et ne pouvons suivre son rythme quand le chemin est trop raide. Elle semble être vraiment la plus dégourdie de la famille et la seule à s’intéresser à sa région, sa mère n’étant jamais allée jusqu’au sanctuaire ni jusqu’à une cascade proche et parait-il magnifique.
Le Sanctuaire en lui-même est magnifique aussi, les nombreuses colonnes de bois sont toutes sculptées par un artisan du village et 2 ensembles de gravures représentent des histoires. L’une est l’histoire de Jésus, l’autre est l’histoire d’une catastrophe naturelle qui s’est passée dans la région: un torrent a dévallé la montagne, et provoqué de graves innondations qui ont détruit des habitations, des ponts… et tué plusieurs personnes en 1979. La dernière image et sa légende nous on fait sourire. On y voit des hélicoptères survolant la catastrophe et la légende dit: « Grâce à Dieu, de l’aide est venue du ciel ».
Fatigués de notre balade… et surtout de la journée de la veille, on dort toute l’après-midi.
Au soir, après de nouvelles courses, on joue avec les enfants. Jusque là ils nous avaient surtout parus renfermés et mal élevés… ils sont surtout livrés à eux-même et pas éduqués. Leur mère passe ses journées à ne rien faire (ou plutôt à regarder la télé) et ne leur parle que pour les engueuler. Le gamin a le réflexe de se protéger la tête quand sa mère approche.
Nous ne les avions pas entendu rire jusque là… mais toute la soirée ils n’ont fait que rire avec nous. Et dès que Rémy l’a eu une fois attrapé pour le faire descendre d’un arbre, Chongui n’a eu de cesse de lui demander de le lever dans les airs, de venir sur ses genous…
Pauvres enfants qui n’ont que la télévision pour unique distraction (nous n’avons vu aucun jeu et les parents ne s’occupent pas d’eux)…
Tout en jouant avec les deux petits, on a passé la soirée à encore discuter avec Nilsen, vraiment très curieuse. Elle nous a fait écrire des tas de mots de français sur son carnet. Nous avons vraiment passé une très bonne soirée avec eux 3.
Le lendemain (jeudi 19), au réveil on était adopté par le petit bonhomme comme oncle et tante. En nous voyant préparé les vélos il n’a eu de cesse de me demander « Tia, adonde va? ». Nous avons été touchés par Nilsen qui nous a demandé de nombreuses fois si on ne l’oublierait pas et comment faire pour pouvoir communiquer avec nous, par le « Que le vaya bien » de Violena… mais les pleurs venant de ce petit bonhomme, que nous avons entendus après nos premiers tours de roues étaient difficiles. On l’aurait bien kidnappé mais il parait que ça ne se fait pas… On a beaucoup parlé de lui et de sa triste vie en roulant ce matin-là.
Un autre occupant de la maison nous semble bien malheureux. Il s’agit de Lorenzo, le perroquet. Ses ailes sont coupées pour qu’il ne puisse s’envoler. La journée il est perché sur un arbrisseau. Le soir, comme il ne voulait pas descendre de l’arbre, Lorena a fortement secoué l’arbre jusqu’à ce que l’oiseau s’écrase sur le sol! Après celà il a été attrappé sans aucune délicatesse pour être mis en cage (il s’est aussi pris des coups de rateau entre-temps). Les cris de l’animal nous ont fait mal au coeur. Pourquoi enfermé un oiseau pour le faire souffrir? Ils le traitent de « méchant perroquet » car il cherchait à mordre après tous ces mauvais traitement… mais comment le blâmer?

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4 Responses to Notre neveu bolivien…

  1. Diane dit :

    L’histoire à la fin est très triste. La compassion est un terme qui manque envers le tit animal. Vous avez pu apporter de moments agréables aux enfants. C’est vraiment bien.

    Je redoute aussi mon voyage au Vietnam du au mode de vie bien différent. La pauvreté ou la maltraitance risquent bien de m’affecter aussi. Enfin, ce serait aussi une chouette expérience. Je vous raconterais mais en attendant, n’hésitez pas à encore écrire. Vos aventures sont très enrichissantes.

  2. gidebo dit :

    une tranche de vie bien tristounette…et franchement ignoble en ce qui concerne le perroquet 😦

  3. remy dit :

    Pour les enfants, les mères sont souvent très jeunes (à partir de 15 ans souvent), alors c’est pas si simple pour elle de jouer réellement leur rôle de mère malheureusement. Du coup, les enfants en pâtissent.

    Par contre, c’est clair que les Boliviens ne sont pas les amis des animaux … Ils n’ont aucune pitié envers eux. Par exemple, la mère des 2 gamins a tué un de leur chat parce qu’il avait mangé quelques poussins. Sauf qu’ils laissent les chats et les poussins ensemble en liberté … Forcément, un chat reste un chat, à force, il craque 😛

  4. JoCo dit :

    Merci beaucoup pour ces récits, celui-ci étant particulièrement intéressant sur la vie des Boliviens dans les villages. Il ne doit en effet pas être facile d’être témoin de situations de ce type, si éloignées de nos modes de vie. Et pourtant, nous ne sommes que de passage, observateurs mais pas acteurs.

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