Voyage avec les contrebandières

Pour aller de Puno à Cusco, on cherchait un bus de moyenne gamme… mais toutes les compagnies consultées n’avaient que des bus de nuit, arrivant à Cusco vers 4h du matin. Il nous restait le choix entre le moins cher et le plus cher, les prix allant du simple au double. On a choisit le moins cher (on ne nous y reprendra plus!).

Lorsque le bus arrive, il ne nous parait pas génial mais les sièges s’inclinent quand même et on n’est que 3. Mais un bus vide est un bus lent… on s’arrête régulièrement pour charger et décharger des passagers jusqu’à Juliaca, le premier arrêt officiel.

A Juliaca, le bus se remplit et on est étonnés de voir le chargement avec lequel certaines mamitas montent dans le bus, c’est incroyable! Pourquoi ne mettent-elles pas tout ça en soute? Celle qui est assise devant nous met bien une heure à disperser ses affaires un peu partout avant de pouvoir s’asseoir!

On comprendra petit à petit, au fil des contrôles de douane effectués sur la route (au moins 5!) qu’une dizaine au moins de passager du bus cachent des marchandises, qu’ils ont réparti un peu partout parmi tout les autres voyageurs (sauf nous). Les manteaux sont cachés sous leur fesses, sous des couvertures, les chaussures neuves sont réparties dans de petits sacs opaques sous les sièges… et si toutes ne trouvent pas place, la vendeuse en met une paire à ses pieds.

Lors d’un contrôle, deux dames se sont fait prendre. De nombreux sacs placés sur le toit du bus ont également été saisis… mais évidement ils n’appartenaient à personne!

Ce qui nous a quand même marqué, c’est l’inefficacité des douaniers! Pourquoi autant de contrôles aussi long où ils ne vérifient quasi rien? Ils feraient descendre tout les passagers et ouvriraient tout les sacs, ils choperaient un paquet de marchandise! On en a même vu palper un sac contenant des marchandises et puis continuer son chemin sans l’ouvrir.

Avant le dernier arrêt de douane, les vendeuse, croyant sans doute que c’était fini avait commencer à rassembler leurs affaires… mais 15′ avant le contrôle le chauffeur les a prévenues, elles ont donc vite tout redistribué, toutes stressées, certaines presque les larmes aux yeux de peur. A ce contrôle, la femme qui semblait emporter le plus de choses (4 énormes balluchons dont elles ont la spécialité) s’est même permise de narguer le douanier en lui disant qu’il n’y avait plus rien pour eux, que tout avait été pris à Sicuani… Et ça n’a pas fait « tilt » dans la tête de ce dernier qu’il faudrait peut-être penser à fouiller ses affaires!

Tout ça nous a bien mis 2h en retard sur l’horaire annoncé (9h au lieu de 7h)! C’était intéressant de découvrir cette réalité… mais la prochaine fois on prendra un bus « de touristes ».

Mais ce qui nous a dérangé le plus c’est que derrière nous il y avait une femme avec sa gamine de 4 ans environ sur les genoux, qui utilisait ce prétexte pour refuser qu’on abaisse notre siège (alors que la gamine ne touchait pas le siège, même abaissé). Elle avait son siège bien abaissé par contre… et ne se gênait pas pour mettre ses genoux dans notre dos (même avec siège bien droit), ce qui est assez douloureux à force. Finalement quand c’est moi qui ai eu la place devant, j’ai tapé dans le dossier, sachant bien que ce n’était pas la gamine. On s’est engueulées, elle a eu jusque le culot de me taper sur la tête… et j’ai eu finalement une explication incroyable: « Elle ne pouvait mettre ses pieds au sol car elle avait posé son appareil photo par terre! Et pour ce qui est de l’inclinaison du siège, si je l’inclinais alors la dame devant moi devait faire pareil pour que je n’aie pas plus de place ». Elle nous aura sorti les plus mauvaises des excuses… mais ça ne change rien à la situation, on sait que si le ton avait dû monter plus, personne n’aurait été de notre côté (même s’ils ne pouvaient vraiment être contre nous non plus, quand la dame de devant a essayé de s’en mêler et qu’elle nous a dit « elle est avec son bébé », Rémy a répondu « ce n’est plus un bébé » et la dame de devant s’est rassise à sa place et s’est tue)

Vous comprendrez qu’on ne veuille plus voyager dans ce genre de bus et que finalement on se trouve bien entre touristes pour les long trajets!

Une petite anecdote pour terminer l’article: il est habituel dans les bus au Pérou ou en Bolivie de voir monter des vendeur de nourriture. La nourriture, comme les boissons sont vendus dans de petits sachets plastiques. Cette fois, on a eu la surprise de voir débarquer 2 petites dame avec un énorme gigot qu’elles ont débité à la demande, à l’intérieur du bus, avec leur énorme couteau de boucher!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :