Tristes premières impressions au Pérou

Après seulement 10 jours au Pérou, on ne supporte déjà plus la plupart des péruviens que l’on rencontre. C’est une sacrée déception pour nous car on ne s’attendait pas à ça. On espère ne pas avoir eu de chance et que c’était dû au côté très touristique de cette région. Les Andes centrales sont moins touristiques, on verra bien ce que ça va donner.

Il y a d’abord les relations commerciales que nous avons avec eux. Dès le passage de la frontière, mieux vaut être au courant des prix car il faut très souvent négocier, pour éviter de payer minimum 30 pourcent de plus. C’est un peu fatiguant à la longue, mais c’est comme ça dans pas mal de pays, alors on s’y fait. Ce n’est pas ça qui nous insupporte, c’est plutôt leur malhonnêté et leur don de nous mettre devant le fait accompli.

Voici plusieurs exemples vécus :

– dès notre arrivée à Puno, on réserve un bus pour Cuzco. On nous certifie que le bus est un semi-cama (bus assez confortable ou les sièges s’inclinent), alors qu’on se retrouve dans un bus tout pourri, complètement bondé, avec des bagages partout, et avec les sièges qui s’inclinent à peine et qu’on ne peut de toute façon pas bouger à cause de la quantité de monde et de bagages.
– à Puno, on nous propose une chambre à prix réduit à cause de la basse saison. On pose pleins de questions pour savoir ce que ça inclus, on nous annonce qu’il y a un petit déjeuner. Le matin en partant, une fois que l’on a mangé le petit déjeuner, on doit payer 10 soles de plus. Bien évidemment, à aucun moment on ne nous a dit que ce n’était pas inclu.
– à Cuzco, idem pour le petit déjeuner. Cette fois c’est inclu (parce qu’on a bien pensé à poser la question), mais on nous propose des oeufs. Méfiant, je demande si c’est inclu ou pas. Et non, ce n’est pas inclu, il faut payer 5 soles en plus par portion. Encore une fois, on nous aurait mis devant le fait accompli.
– pour aller au Macchu Picchu, on prend un bus sur la route, à la va-vite. Dans la précipitation, on ne se met pas d’accord sur le prix. On passe une partie du trajet debout (car pas de siège libre), une autre longue partie assis comme on peut à côté du chauffeur, sur la partie moteur, et 30min (sur 4h de trajet), sur un vrai siège. On nous demande 20 soles alors que le prix est de 15. Après négociation, on ne paie que 15, là ou un péruvien aurait payé 5 ou 10.
– à Aguas Calientes, le soir on mange dans un petit restaurant. Là, encore quand l’addition arrive, on a la surprise de devoir payer une taxe de service de 10 pourcent, alors que ce n’est écrit nulle part. Je râle mais finalement on paie. Le lendemain, rebelotte. Je m’énerve en demandant ou c’est écrit. Devant mon énervement, le serveur comprend qu’on en a marre et nous dit que c’est bon, pas besoin de payer la taxe.

– à Aguas Calientes toujours, on va faire quelques courses, tout en sachant bien que c’est normal que les prix soient plus élevés ici. On demande le prix de 3 trucs, tout est environ 50% plus cher qu’à Cusco. On ajoute un sachet de mais croquant et la petite dame nous fait l’addition… en nous le comptant à 8 soles! (au lieu de 3 à Cusco) On lui dit que c’est 3 à Cusco, elle fait un petit rire gêné mais ne nous propose pas moins cher, on le remet en rayon et on va l’acheter 20m plus loin à une dame plus honnête qui nous vend le même sachet 3,5 soles (sans qu’on n’aie eu à négocier)
– pour rentrer du Macchu Picchu, nous sommes abordés par une dame qui nous propose un minibus vide d’une agence qui doit de toute façon rentrer à Cuzco. Elle nous dit qu’on part immédiatement, que le trajet dure 4h et que le chauffeur nous déposera à la Plaza de Armas. Finalement, on poireaute 45min et le chauffeur nous déposera à 3 rues de la Plaza de Armas à 22h; après quasi 5h de trajet. Cette fois ci, nous lui expliquons qu’on en a marre de ces mensonges à longueur de journée. Pourquoi dire quelque chose que de toute façon ils ne respecteront pas ?
– de retour à l’hotel à 22h30, on a le plaisir de découvrir que la chambre réservée 3 jours plus tôt n’est plus libre, mais on nous en propose une autre, sans fenêtre et au même prix bien sûr. Trop sympa !

On pourrait se dire que ce sont des relations commerciales, que c’est une région très touristique, que les touristes sont vus comme des liasses de billets ambulantes, et que donc, les tentatives d’arnaques sont plutôt courantes. Sauf que les relations quotidiennes que l’on a avec les péruviens ne sont pas mieux.

Encore quelques exemples :

– dans le bus de Puno à Cuzco, une dame avec sa fille de 4 ans, qui nous plante ses genoux dans le dos, et qui justifie ça par le fait qu’elle a un appareil photo à ses pieds et qu’elle a son bébé dans les bras. J’ai les jambes bien plus longues qu’elle et j’arrive à ne pas planter mes genoux dans le siège de devant, c’est quand même étrange. Bien évidemment, les gens du bus lui donne raison, solidarité péruvienne oblige.
– dans le premier bus vers Pisac, les personnes devant, dans le couloir, ne voulaient pas se bouger d’un centimètre pour laisser passer ceux qui étaient au fond et voulaient descendre. Alors le ton monte entre certaines personnes mais ça change rien. Ceux qui sont derrière doivent s’imposer pour sortir avant que le chauffeur n’ait redémarré, ceux qui ne descendent pas réclament d’ailleur qu’on redémarre. Dans un autre bus, une mamita fait tomber sa canne, les péruviens la regardent sans bouger. C’est un touriste de Puerto Rico, un peu plus devant qui a ramassé la canne. Ces situations entre péruviens nous paraissent incroyables. Les Boliviens entre eux sont infiniments plus courtois et solidaires.
– dans le bus pour aller au Macchu Picchu, quand on monte, il n’y a plus de siège, alors pour supporter les 4 heures debout, je m’appuie sur un accoudoir, comme le font les péruviens en pareille cironstance. Il y a 2 enfants sur les sièges, ils ont beaucoup de place et je ne les gène pas. Aussitôt, le père me dit qu’il a payé ce siège, alors je ne peux pas le toucher … Durant tous les trajets que l’on a fait en bus (sans exception), j’ai supporté les mamitas qui me mettaient leur baluchon dans le visage, celles qui s’asseyaient sur l’accoudoir, etc … C’est pas confortable, mais ça permet que tout le monde aie un minimum de confort, même ceux qui sont debouts. Quand c’est dans l’autre sens, ça pose problème apparemment.
– Dans ce même bus, quand deux sièges se libèrent, on en profite pour aller s’asseoir. Là, une péruvienne affalée qui prend un siège et demi me voit arriver et fait semblant de dormir. Je lui tapote l’épaule en lui demandant de prendre son siège normalement et de ranger son sac de légumes qui est au pied de mon siège. Ca lui pose problème, c’est compliqué, elle râle. Je m’énerve encore une fois pour qu’enfin elle daigne mettre son sac sous son siège, et me laisser m’asseoir.
– A l’hotel d’Aguas Calientes, ville ou de nombreux touristes dorment tôt pour aller voir le Macchu Picchu tôt le lendemain, une dame se met à parler très fort au téléphone à 22h30. Je me réveille en sursaut. Je m’habille et je vais lui demander gentillement de parler moins fort. Quelques minutes après, elle continue. Je me relève et cette fois, énervé, je lui signale que c’est un hotel, que les gens dorment, etc … Elle m’ignore, alors je lui secoue l’épaule pour qu’elle me regarde. Aussitôt, elle se met à crier « ne me tapes pas, ne me tapes pas ! ». Son mari débarque, un peu furieux en me disant : « qu’est ce que t’as ? fait gaffe ! fait gaffe ! ». Je lui explique la situation, et il me répond qu’il a un bébé (apparemment, quand on a un bébé au Pérou, on peut devenir un gros débile et faire ce qu’on veut, ça se justifie en disant « j’ai un bébé »). Et maintenant c’est moi qui fait trop de bruit et qui vais réveiller le bébé. Là, je peux vous dire que j’étais furax et que je n’avais qu’une envie : quitter ce pays ! Surtout qu’une fois que le couple a eu fini la discussion au téléphone, ce sont des touristes à moitié saouls qui sont rentrés en faisant un raffût de dingue… Résultat, on s’est endormi à minuit pour partir randonner à 5h30 le lendemain …

Bien sûr, durant ces 10 jours, on a aussi rencontré quelques péruviens sympas avec qui on a pris plaisir à discuter (notamment des mamitas de la campagne). Mais de tous les pays que j’ai visité, c’est la première fois que j’ai une première impression aussi négative.

Dit comme ça, ça fait peut être râleur, mais en 3 mois en Bolivie, nous n’avons pas eu une seule situation de ce genre, alors qu’en 10 jours au Pérou, on n’en peut déjà plus. Chaque situation prise séparément est supportable mais l’accumulation de toutes met nos nerfs à rude épreuve. On va voir comment cela va se passer dans les prochains jours. Si ça continue dans les Andes centrales, on file en Equateur. Le Pérou est un très beau pays, avec des merveilles naturelles à découvrir, mais si c’est dans ces conditions, on préfère s’en passer.

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7 Responses to Tristes premières impressions au Pérou

  1. Salut les loulous! Courage, nous aussi nous avons eu cette impression désagréable à notre arrivée au Pérou, tout particulièrement à Cusco, ville que nous avons detesté… Je ne rentre pas dans le détail. A Lima on a eu la plus grosse engueulade de tout le voyage avec une companie de bus, là aussi je ne rentre pas dans le détail mais j’avoue que sur le coup je me suis decouvert un don pour les insultes en espagnol et personne n’a bronché, des gens on même pris notre défense… Cependant, dans le coin de la cordillère royale, là les gens étaient normaux et gentils. Tout comme à Trujillo. Mais malheureusement l’impression qui restera pour nous, sera plus proche de celle que vous avez actuellement. Le Pérou, c’est d’ailleurs le pays que nous avons finalement le plus zappé (bus). Mais restons positifs, on a aussi rencontré des gens tops! Alors, que la force du voyageur soit avec vous!
    PS:Sandrine va vous envoyer un mail en MP.
    A+ les cocos

  2. Annie dit :

    Oulaaa! En effet ce doit être difficile à supporte. Et bien j’espère que vous pourrez tout de même visiter les principales belles choses que vous souhaitez voir et partir rapidement ensuite.
    Je vous envoie de jolies pensées!! Bises 🙂

  3. Diane dit :

    Au Vietnam, Jonas et moi avions rencontré le même problème. Que ce soit, à l’aéroport, bus,.. les vietnamiens peuvent être très difficile à supporter. On devait constamment marchander et quand on voulait pas car le prix était trop haut, on nous insultait! Lors des files d’attente, on nous dépassait, poussait, engueulait..Jonas qui est d’une tendresse, j’ai du gueuler sur les autres à sa place!Dans le bus, idem que vous. Complètement impoli avec leur chaise. Il y a eu des gens gentils mais on sent que cela peut sonner faux.
    Parfois, j’ai eu honte de mes origines!
    Aller courage à vous deux, bix bix

    • remy dit :

      Quand j’étais en Asie, au départ j’avais prévu de passer par le Vietnam, mais je n’ai malheureusement rencontré que des voyageurs qui avaient été très mécontents de leurs rencontres avec les Vietnamiens. C’est toujours dommage quand le pays est très beau, ce qui est le cas du Pérou comme du Vietnam.

  4. gidebo dit :

    tu nous vends du rêve remy…mais c’est bien aussi de savoir à quoi s’attendre. Les voyages ne sont pas que de merveilleux instants passés dans un autre univers, y a aussi des moments où t’as fortement envie de donner de bons gros coups de tatane

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