Huaraz, Chavin de Huantar, glacier, tissage…

Arrivés le 28 au soir à Huaraz, après 24h de bus (+2h de correspondance), on décide de profiter tranquillement de notre auberge, un peu plus confortable qu’à l’accoutumée, le 29. La journée est aussi consacrée à chercher un tour pour le lendemain. Pas de chance, on apprend à 10h45 que la chambre qui nous a été attribuée était réservée et qu’on doit la quitter pour aller dans le bâtiment annexe (moins bien pour le même prix) pour une nuit avant de réintégrer ce bâtiment.

On constate ici l’arrivée de la saison des pluies. Toutes les après-midi après 16h, on a droit à une belle averse. Les matinées sont cependant très belles.

Dans la pièce commune de l’auberge

Huaraz n’est pas une belle ville, elle a quasi été entièrement reconstruite après un terrible tremblement de terre qui a ravagé la région en 1970. Sa place centrale est cependant agréable… et sa situation au pied de la cordillère blanche attire du monde! La région est appelée « Suisse péruvienne ». Pas moins de 3 restaurant listés dans notre guide sont tenus par des Français. En manque des ptis plats de chez nous, on a bien évidement visité l’un d’eux. On y a mangé de la raclette et de la choucroute!

Place de Huaraz

Place de Huaraz

Chavin de Huantar

Le 29, après avoir refait nos sacs le matin (vu qu’on rechange de chambre) et pris un petit déjeuner très rapide, on est à l’agence à 8h50 car le tour commence (en théorie) à 9h. A 9h, le bus est encore quasi vide… durant la demi-heure qui suit arrivent au compte-goutte des liméens (habitants de Lima), manifestement pas pressés pour un sous. Certains installent leur famille dans le bus puis ressortent acheter à boire ou un petit déjeuner (alors qu’on a déjà plus de 20 minutes de retard …). On hallucine! Finalement on est partis à 9h40, et on est allé chercher directement à l’hôtel la péruvienne qui manquait à l’appel … Ca valait bien la peine qu’on se dépêche au pti dej! Et à chaque arrêt ce sera pareil, le guide courant dans tous les sens pour arriver à rassembler tout le monde, donner une heure ou dire « on y va » ne servant à rien. D’ailleurs, le guide lui même nous dit que ça ne sert à rien de donner une heure aux péruviens, ils ne la respectent jamais. Manifestement faire attendre tout le monde ne les gêne pas le moins du monde! Mais ceux qui attendent et qu’on a déjà attendu aux arrêts précédents ne se privent pas d’ un « vamos ! » pour dire au chauffeur de partir sans attendre les autres …

En route vers Chavin

On a bien rigolé quand une ado s’est étalée en fonçant dans un homme qui ne regardait pas non plus où il allait (je sais, ce n’est pas très gentil mais vu comment ils se comportent en rue ça fait un moment qu’on se demandait comment ça se faisait qu’on n’aie pas encore assisté à une collision…)

Hormis cette étude sociologique, la journée fut sympa mais pas extraordinaire. On a vu de beaux paysages depuis le bus et les ruines étaient sympas… mais ça ne valait pas, selon nous, 3h aller et 3h retour.

Le site est le principal site archéologique de la civilisation Chavin. Honnêtement on n’a pas compris grand chose à ce que le guide a raconté, il parlait tellement vite et en mélangeant un peu tout… Tout ce qu’on peut vous dire c’est que, si on a bien compris, cette civilisation a été très importante dans la région, que Chavin de Huantar a été construit entre 1200 ac et 800 ac et que la civilisation se serait éteinte au 3ème ou 4ème siècle ac.

Le site a malheureusement été fortement endommagé par un glissement de terrain au début du XXème siècle et un peu par le tremblement de terre (mais, tout comme les Incas, les Chavin construisaient des édifices adaptés à des terres à forte activité sismique).

Les Chavin sont les seuls dans tout le Pérou a avoir construit des colonnes

Dans le petit musée de la ville, on peut observer des « têtes » en granit, qui étaient autrefois encastrées dans les murs. Ces représentations sont typiques de cette civilisation. On y découvre aussi de belles céramiques ainsi que des coquillages retrouvés sur le site, originaire d’Equateur ou de Colombie et qui servaient ici d’instrument de musique pour les cérémonies. Des échanges avaient donc déjà lieu à « grande échelle » à l’époque.

Tête qui était enclavée dans les murs du bâtiment Chavin

Céramique Chavin

Glacier Pasto Ruri

Le 1 octobre, c’est vers le glacier Pasto Ruri qu’on part en excursion. Cette fois le retard nous dérange moins, sachant comment ça marche on arrive un peu plus tard.

En route vers le glacier on fait quelques arrêts. Le premier (et le plus long) est celui qu’on fait dans un café-restaurant pour pouvoir boire un maté de coca.

Le premier arrêt intéressant est celui qu’on fait devant une source d’eau gazeuse. Etrange de voir de l’eau « pétillante » sortir de terre!

Source d’eau gazeuse

A l’arrêt suivant, on découvre les Puya Raymondi, une plante étrange qu’on ne trouve quasi qu’au Pérou (5 sites au Pérou et 1 en Bolivie). A côté des Puya Raymondi qu’on approche il y a un tout petit lac d’une couleur magnifique!

Petit lac

Puya Raymondi avant floraison (avant-plan) et après floraison

Puya Raymondi en fleur (photo prise du bus roulant sur piste défoncée… excusez le manque de netteté)

Vers 12h45, on arrive enfin au départ de la marche qui mène au glacier. On est à plus de 4700m et la base du glacier se trouve à 5000m. On nous donne 2h pour faire l’aller-retour et profiter du site, en nous annonçant 1h de montée et 30min de descente. On bénit notre acclimatation et on monte sans aucune difficulté en moins de 35 minutes, dépassant au fur et à mesure les Liméens venus pour le long weekend. ça ne fait que quelques jours qu’ils ont quitté le niveau de la mer… pour le coup on les trouve assez inconscients.

On sera d’ailleurs assez choqués de voir que certains montent avec des tout petits qui souffrent beaucoup de l’altitude et risquent des séquelles! Notre guide a vu dans un autre groupe un bébé qui a pleuré durant toute l’ascension. En touchant son crâne, elle y a senti des boules. Le pauvre petit ne s’est calmé qu’après qu’on lui ait mit la tête en bas pour que le sang circule. On a vu d’autres enfants manifestement pas du tout en forme en haut… dont les parents ne se tracassaient guère. Il ne faut pas rigoler avec l’altitude et redescendre immédiatement en cas de problème!

Glacier Pasto Ruri

Glacier Pasto Ruri

Glacier Pasto Ruri

Glacier Pasto Ruri

Une fois au pied du glacier, on a donc tout le loisir de profiter du site durant une bonne heure. C’est magnifique et très chouette de pouvoir voir un glacier de si près (mais moins près que les inconscients qui vont contre des parois qui menacent de se décrocher très prochainement, avec tout ce qu’on a vu aujourd’hui, on n’est pas étonnés que des accidents se produisent en montagne chaque année).

Glacier Pasto Ruri

Glacier Pasto Ruri

Glacier Pasto Ruri

Lac devant le glacier

Durant la descente, je ne cesse de me retourner, pour voir encore et encore le glacier! On est parmi les derniers à pouvoir en profiter, ce glacier reculant de 17 à 20m par an, il ne devrait plus exister d’ici moins de 10 ans! Il y a quelques années encore on pouvait monter dessus, ce qui n’est plus possible aujourd’hui.

Mototaxi sur le chemin du retour

Filage, teinte, tissage…

Le lendemain, on a rendez-vous avec Santa et Isidora, dans un petit village, pour tout apprendre du processus menant de la laine brute au produit fini.

Santa et Isidora sont deux mères célibataires qui ont participé à un projet pour réapprendre les techniques de travail de la laine, redécouvrir les plantes permettant de la teindre naturellement et apprendre à tisser, tricoter, crocheter. Leur but était de ressusciter ce savoir-faire qui était entrain de se perdre et d’essayer d’en vivre à travers le tourisme et la vente des articles qu’elles fabriquent.

Au départ une vingtaine de femmes étaient dans le projet mais toutes les autres ont abandonné, par manque de patience pour ces travaux ou parce qu’elles auraient voulu gagner de l’argent beaucoup plus vite.

Le projet a en effet pris du temps à se mettre en place. Il a fallut qu’elles apprennent toutes les techniques, redécouvrent les plantes, apprennent comment accueillir les visiteurs,… et arrivent à se faire connaitre. Actuellement elles travaillent avec une seule agence de Huaraz.

Nous sommes tout d’abord allés chez Santa, où Isidora nous a fait le « speech » d’accueil. Ensuite, on s’est mis au boulot! Tout d’abord, nettoyage de la laine à la main pour enlever la laine de mauvaise qualité, les épines et autres crasse tout en étirant la laine pour qu’elle soit prête à filer. On a ensuite appris à filer la laine manuellement. Une fois ceci fait, il faut la laver avec du savon, bien la rincer et puis on peu la teindre.

Nettoyage de la laine

Filage

Filage

Durant tout notre travail préparatoire, une marmite contenant des plantes étaient sur le feu, il fallait que ça bout au moins 45 minutes pour bien extraire la teinture jaune de la plante. Après avoir retiré la plante et ajouté quelque chose (un minéral?) utilisé pour rendre la couleur plus forte, Santa a plongé la laine dans la marmite et remit du bois dans le feu… il fallait laisser « mariner » au moins 45 minutes dans l’eau colorée bouillante.

Santa sort les plantes de l’eau

Soupe de laine

Séchage

Durant ce temps on a profité d’un bon petit repas préparé par cette dernière, du riz, un rien de poulet et un légume jaune de la famille des pommes de terre, qui nous était inconnu et dont on a oublié le nom.

Rue du village

Eglise du village

Après tout ça, on s’est rendus chez Isidora, où se trouve le métier à tisser et on a appris les bases du boulot (tissage avec une seule couleur). Il faut vraiment une patience dingue pour suivre tout le processus qui mène de la laine brute à la tapisserie!

Tissage en utilisant une « machine à tisser »

On est rentrés enchantés de cette journée avec ces femmes charmantes… et le sac un peu alourdi (chapeau crocheté et bonnet tricoté) en ce qui me concerne.

Si vous désirez leur rendre visite ou simplement en savoir plus sur le projet, c’est par ici: Huaripampa

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5 Responses to Huaraz, Chavin de Huantar, glacier, tissage…

  1. Bernard et Gisèle dit :

    Coucou de Salta où nous sommes depuis 2 jours, après Esteros del Ibera et Iguazu . Superbe mais Bernard y a chopé une très mauvaise grippe qui nous immobilise ici !
    Nous avons repris votre blog avec beaucoup de retard; contents de voir que côté santé, ça va mieux pour vous. Un grand merci pour vos récits toujours aussi passionnants et en particulier celui du trek à l’Ausangate. C’est comme si on l’avait fait avec vous ! On ne pourra malheureusement se frotter à un trek à cette altitude; ce n’est plus pour nous. On se demande si on arrivera à vous rattraper vu la vitesse à laquelle vous allez. Nous, c’est plutôt la « tortuga » en ce moment! Nous vous embrassons et SUERTE!

  2. JANODOU dit :

    Je découvre votre site avec passion. Oui c’est vrai j’ai mis du temps.
    Très heureux de vous retrouver et de me remémorer de bons souvenirs à La Paz.
    Suerte a tu Angélique et a tu Rémy

    • remy dit :

      Coucou Jean-Luc !
      Merci pour ton commentaire, ça nous fait plaisir !

      Même sans nos vélos, il nous arrive de rencontrer des cyclos, et c’est toujours agréable de parler des bons moments de la casa de ciclistas de La Paz oui 🙂

      Bonne route jusqu’à Ushuaïa, et surtout bon courage pour affronter le vent ! A Tolhuin, il y a une casa de ciclista sympa parait-il !

  3. alexis dit :

    Salut vous 2 !
    Ah Huaraz, magnifique…Mais vous avez fait vite…lol
    Apparment vous allez bien c’est génial, on est content de vous suivre quand on le peut…bonne continuation a tous les 2.
    Bisous bisous
    Alexis et Pauline

    • remy dit :

      Salut Pauline et Alexis !

      Merci pour votre commentaire, ça fait plaisir !

      A Huaraz, on comptait faire le trek de Santa Cruz et puis finalement, comme on venait de faire le trek de l’Ausangate, on a privilégié les balades à la journée. C’est vrai que la cordillère blanche est magnifique !

      Nous aussi on vous suit de temps en temps. D’ailleurs, Angélique est jalouse pour les singes qui boivent au bord de la rivière à Rurrenabaque 🙂

      Bonne route à vous aussi !

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